Livre 2. Chapitre Premier "Genèse" (1ere partie)

Publié le par Spike

Les évènements et les personnages décrits dans le texte ci-dessous, ne sont que pure fiction. Toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant eu la malchance d’exister ne seraient que fortuites et malencontreuses,  et ne pourraient en aucun cas servir de prétexte foireux pour intenter une vile procédure pénale à l’encontre de leur auteur – qui va bien merci – et dont les passe-temps favoris, outre l’écriture, sont le tricot, la pêche à la mouche et la culture de champignons d’Amsterdam.
L’auteur a autre chose à faire que de recevoir des huissiers à son domicile (bon sauf toi Alex parce que je te connais, que t’es mon pote, et que tu m’invites à faire des barbecues sur ta terrasse) et d’ouvrir des blogs tous les 2 mois .
Merci.


undefinedPreviously on Jungle Boogie…
L’assistante ne sait pas si oui ou non elle doit accepter la proposition piège que lui fait Sally Mustang…



    … Je suis sortie du bureau dégoûtée par les solutions que m’avaient proposées Sally, et qui à mes yeux n’en étaient pas. Au bout d’un an à ravaler ma haine envers cette femme, j’avais beaucoup de mal à contenir la rage que j’avais en moi à cet instant précis.
Je revoyais encore son sourire hypocrite et son air faussement apitoyé :
«Tu as des problèmes? Tu  peux m’en parler… je ne tiens pas à me séparer de toi tu sais…»

    A cet instant là, je me suis clairement vue en train de lui enfoncer le coupe-papier Hermès qui se trouvait sur son bureau  au fond de son orbite gauche.

Elle ne tenait pas à se séparer de moi, mais il était temps pour moi que je me sépare d’elle. Tout cela ne pouvait plus durer. Tout cela n’avait que trop duré.

    Lorsque j’étais arrivée dans cette ville, alors inconnue pour moi, et que j’avais intégré ce poste, je m’étais pourtant juré de changer pour de bon.
Quoi qu’il se passe, ma ligne de conduite était la suivante : rester calme, faire profil bas,
oublier celle que j’étais avant, surtout passer inaperçue, la fille la plus banale qui soit, ne pas éveiller le moindre soupçon.

    Un an… je n’avais jamais tenu aussi longtemps… cependant j’étais fière de moi, parce que Sally Mustang faisait partie de la pire espèce de patrons.
Ceux qu’il faut éradiquer. Ceux qui se pensent tout puissants et au-dessus de tout parce qu’ils ont de l’argent. Ceux qui humilient, déprécient, harcèlent, pompent l’énergie de leurs victimes tels des vampires, puis s’en débarrassent sans plus d’égard ensuite.
Les autres, ceux à qui j’avais eu affaire avant d’arriver ici étaient pourtant coriaces et m’avaient fait perdre mon sang-froid très vite… j’avais été obligée d’en finir rapidement… Sally Mustang était la plus grande teigne que j’aie jamais croisée, ma patience et mon courage ont été maintes fois mis à l’épreuve et jamais je n’aurais pu imaginer pouvoir la laisser agir de la sorte avec moi.
Etait-ce le besoin de me « poser » enfin dans une ville un peu plus que d’habitude ? La nécessité de redevenir quelqu’un de « normal » ? La volonté de ne plus fuir ? Je ne sais pas ce qui m’a fait tenir un an, mais ce que je savais en revanche, c’était que c’était trop.

    Ce soir là, j’ai dit au revoir à Sally, comme d’habitude, et j’allais rentrer chez moi.
Les lumières du bureau étaient éteintes, il était tard, tout le monde était déjà parti, il ne restait plus qu’elle et moi.
J’ai hésité un moment… j’aurais pu agir maintenant, sous le coup de mon impulsion … mais je me suis ravisée. Ce mode opératoire était inefficace, trop risqué, et Sally Mustang méritait qu’au contraire, je réfléchisse minutieusement à un plan qui soit digne d’elle.
Son heure arriverait bien assez tôt…

    Rentrée chez moi, après m’être occupée de tous mes chats qui réclamaient nourriture et câlins, j’ai commencé à songer à la façon dont j’allais pouvoir m’occuper de son cas...

    Je me revoyais la première fois. C’est toujours la plus difficile... ensuite, c’est presque comme pour tout, on s’habitue. Surtout à cette poussée d’adrénaline enivrante qui s’empare de vous lorsqu’on commet l’acte lui même.
Quoi qu’il en soit, j’éprouvais le besoin de me venger contre tous ceux qui me faisaient du mal ou prenaient plaisir à m’humilier... Voir du sang couler... peut-être pour me sentir plus vivante ?

    Ma première fois... c’était ce vieux vicieux qui m’avait embauché en tant qu’employée dans son  épicerie... j’avais 18 ans.

    Je vous vois d’ici en train de vous demander pourquoi à 18 ans une fille ne continue pas ses études au lieu de travailler dans une épicerie SPAR de province?
Oui... la jeune fille de 18 ans que j’étais avait alors bien d’autres rêves dans la tête que de ranger des boites de conserves au fond d’une remise et accessoirement de se faire tripoter par un homme répugnant,  gras et libidineux qui avait l’âge d’être son père...

    Et bien que je vous raconte : mon rêve était de devenir journaliste. Grand reporter.

Pour la presse féminine.

Etre une autre Marie-Christiane Marek, travailler pour Vogue, Elle ou Cosmo... (j’aurais même pu être pigiste et commencer par de pauvres rubriques sans importance comme des articles sexo dans des mensuels féminins...)
Etre sur tous les conflits modesques et beauté de la planète. Rencontrer les plus grands créateurs, les plus beaux mannequins, être toujours à la pointe de la mode, avoir une vie superficielle et trépidante... devenir une véritable fashionista.

    Le rêve pour une fille dont les parents n’avaient pas les moyens d’acheter des vêtements et des chaussures ailleurs que chez Z , Kiabi, Bata ou au Leclerc du coin ...
Quand toutes mes copines de classe arboraient fièrement leur magnifique pull Blanc-Bleu et leurs sac Paquetage, moi je traînais sur les épaules un vieux pull tricoté par ma grand-mère et un sac US élimé jusqu’à la corde...
Non je n’ai pas eu une enfance facile.
Non, la vie ne m’a pas fait de cadeau... et encore moins en ce jour de décembre 1995, date à laquelle j'ai su que quoi qu’il se passe, ma vie ne serait de toute façon plus jamais la même...

Publié dans Sally Mustang & Co

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JohnLRod 05/02/2008 12:03

Et voilà, il y a Hannibal qui couve..
Il faut toujours un point de départ triste pour faire monter la rage et agir...
Ca s'annonce bien trépidant tout cela.

Du Diable s'habille en Prada nous nous acheminons vers un bon gros thriller.. il est où le/la profiler ?

Nahimage 31/01/2008 13:30

j'ai du retard de lecture, ma beatué coriandée, le boulot. Première partie : totale identification avec l'héroïne. Deuxième partie : impossible trop morte de rire.

Tom 29/01/2008 09:13

Ouais, c'est vrai, on dirait un peu Cosette... Même que ça lui va bien au teint, ça lui donne un air fragile et touchant, qui tranche (hi hi hi) avec sa férocité légendaire... (Grrrrrr ! ! !)

Craquant... On dirait un chocolat de chez Lindt, un pyrénéen croquant.... Mhuummm, avec un expresso stretto, rien de tel pour démarrer la matinée... (ça y est, j'ai enive de chocolat).

Au fait... je confirme : la fontaine des Quinconces a été démantelée pendant la seconde guerre mondiale et ré-installée en 1985 (c'est un message codé pour tromper la vigilance de Sally).

Bye, bonne journée

Sonia, MISS BLOG 2008 29/01/2008 06:56

Mais c'est Cosette !
Tu vas pas nous dire que tu vendais des allumettes dans la rue alors qu'il neigeait non plus ?

finipe 28/01/2008 23:37

N'oublie pas que tu as résisté à Bernadette alias "dedette", qui était un prototype très perfectionné de vieille peau arriériste conservatrice réactionnaire. Pas du tout le même genre que Sally Mustang, mais un genre des plus éprouvants ! Quand on a tenu face à ça, c'est déjà la preuve d'une certaine force d'âme (la mièvrerie de mon commentaire m'afflige)