Et puis un jour, je suis partie de Dakar...

Publié le par Spike


    A Dakar, j’ai pris des cours de percussions pendant 1 mois certes, mais comme je l’ai dit au début, j’ai aussi failli me marier là bas. Quand je dis «failli» c’est un bien grand mot, puisque le mariage très peu pour moi...
même pour devenir la belle-fille de Doudou N’Diaye Rose.

Wagane et moi, on s’est tout de suite très bien entendu, et du coup, on trainait pas mal ensemble après mes cours. Forcément ça rapproche ! ça rapproche même tellement que je suis même devenue un peu plus que son élève...
    Ai-je besoin de rentrer dans les détails ? Je ne crois pas. Si vous voulez du cul, allez chez cette petite cochonne de Gallïane par exemple !

    Au bout de quelques jours, tout le monde savait donc que j’étais devenue la « petite copine française » de Wagane et on m’appelait « Spike N’Diaye Rose », c’était drôle et ça faisait rire les oiseaux, chanter les abeilles et marrer les enfants.

Un soir, Doudou est venu me voir:

    « Bon alors, vous ne voulez pas rester ici et vous marier avec mon fils ? Vous serez sa 2ème femme ! Et je serai très content de vous avoir comme Belle-Fille !»

Moi, interloquée :

    « Haaaa !!! Mais je ne savais pas qu’il était déjà marié ! Wagane t’es déjà marié ?
- Heu... oui, mais ma femme elle est en Suisse. Avec ma fille. Et tu sais chez nous, on peut avoir jusqu’à 5 femmes.
- HA PARCE QUE T’AS AUSSI UNE FILLE !!!!!!????? Doudou, je suis désolée, moi aussi je serais ravie de vous avoir comme Beau-Père, vous êtes drôlement chouette, mais le mariage... c’est pas trop mon truc vous voyez...»

Doudou reprit :

    « Si vous voulez, on pourra dire à vos parents de venir pour le mariage, on fera une grande fête qui durera 3 jours!
- Oui c’est gentil merci, mais moi j’ai pas vraiment envie de me marier. Et puis je ne veux pas d’enfants non plus. Par contre je veux bien apprendre à fabriquer des sabars. Vous me dédicacerez le mien ? »

Dans ma tête j’imaginais déjà la tableau : mariée ici, habitant dans la même maison que ma Belle-Mère, et toute la famille, faire à manger toute la journée, pondre des enfants et les élever...
NON : c’était pas possible. Impensable même!

    Ok, j’aimais beaucoup être ici, même si je sais que j’aurais pu y rester des mois, jamais je n'aurais pu avoir la vie de ces femmes tous les jours. Parce que bien sûr, une fois mariée, fini ma vie de vacancières en balade à Dakar!

    Je me voyais déjà divorcée dans quelques mois, appelant mon frère pour qu’il vienne me chercher, enceinte du 2ème, et en méga surcharge pondérale à cause du mafé et des noix de coco ...
Comment ça je caricature ? Mais presque pas voyons !

    Wagane et moi avons fait les amoureux pendant 1 mois. Et puis quand je suis partie, il a dit qu’il m’écrirait, et il l’a fait.
Rentrée en France avec mon Sabar, mes baguettes, et mes enregistrements, je me souviens être tombée dans un genre de tristesse qui a duré pendant des mois... un peu comme une dépression post-partum sauf que j'avais pas eu d'enfant et que je ne savais pas ce qu'était une dépression post-partum.
Je ne voyais qu'une solution pour arrêter ça: repartir là bas. Très vite.
Mais je ne l'ai pas fait...

6 mois plus tard, Doudou, Wagane et les autres sont venus en France pour faire des concerts et des master class : j’ai fait 600 kilomètres pour aller les retrouver et assister au stage.
La 2ème fois que Wagane est venu, il jouait près de chez moi donc c’était moins loin.
Etrange de le revoir, lui et toute sa famille, ici en France, des mois après mon passage chez lui.

    Des années après, je me rappelle avec bonheur de cette expérience unique.
J’ai continué à jouer du sabar et du djembé pendant longtemps, j’ai perdu de vue Wagane et les autres, je n’ai maintenant aucune idée de où ils se trouvent tous, j’ai songé repartir à Dakar et aller leur rendre visite, mais ça ne s’est jamais fait.

Et puis j’ai appris à jouer de nouveaux instruments, avec d’autres musiciens, qui avaient aussi leurs histoires à me raconter et humainement c’était passionnant. Presque autant que d'apprendre à jouer.
Chaque fois je réapprenais de nouvelles techniques de jeu plus ou moins compliquées, il fallait apprivoiser un nouvel instrument.

    Dans mes vies prochaines, j’irai apprendre les congas à Cuba, les tablas en Inde, le pandeiro à Rio et l'accordéon diatonique à Le Quiou.

    Non ça c’était une blague : plutôt crever que d'apprendre à jouer de l'accordéon diatonique.

Et pourquoi pas du trombone avec Carole tant qu'on y est?

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jean luc 11/05/2008 10:16

pas mal

Elienai 10/05/2008 00:47

Rhaaaaa j'ai lu bissap !!! Bissaaaaap !!!!! Par contre la bouffe au burkina... ahem... c'est pas trop ça, disons, pour rester polis.

Rien à voir, tout à l'heure j'ai vu ça : http://www.youtube.com/watch?v=FFfJyn1p5Qc et j'ai pensé à toi, mais je ne saurai pas te dire pourquoi.

Freja 09/05/2008 22:56

Quelle aventure ! Moi qui rêve d'aller en Afrique, tu m'a donné envie d'aller au Sénégal... merci à toi :)

Spike 08/05/2008 22:51

@ Elienai: ho répare ta touche de E!
Je suis sûre que ton récit va être terrible quand tu le raconteras, j'attends ça avec impatience!

@ Connassseee: la danse de l'hélicoptère?!?
Les filles ont voulu me l'apprendre, mais non, je n'ai pas dansé, ce n'est plus trop mon truc la danse!
Le Thibboudiène, c'est le 1er plat qu'on m'a fait là bas, c'était bon, mais je préfère le yassa poulet! Par contre, j'étais malade avc le mafé... trop de beurre de cacahouète je pense...
Et j'avais ramené de quoi faire du jus de bissap...mmmhhh!!!!

connasseee 08/05/2008 22:35

dis ru as appris la danse sabar aussi?? tu sais le truc qui ressemble a un truc sessouel aves un pagne plein de coquillages ou perles!! eh puis le thib diène et le yassa huuuummm