Chapitre 4 - Quitter son pays

Publié le par Spike

    Fin septembre 1964, Tao faisait ses derniers préparatifs avant son départ pour la France avec Xuan. Ils devaient partir le 27.
Tao n’avait jamais quitté ni son pays, ni sa famille, et il savait qu’il ne pourrait pas rentrer avant la fin de ses études : loin des siens pendant au moins 8 longues années, cette perspective l’effrayait quelque peu. Lorsqu’il rentrerait, ses frères et sœurs auraient bien grandi, surtout Sao Mai qui n’avait alors que 8 ans…

    « Je ne le reconnaîtrai même plus, songea Tao tristement, heureusement mon père m’enverra des photos… et heureusement que Xuan part avec moi sinon ce serait difficile de quitter tout le monde...»


    Quoi qu’il en soit, il savait qu’il ne pouvait plus reculer, son père avait tout organisé d’ici : en relation avec des étudiants vietnamiens de la fac de médecine de Bordeaux, il avait géré l’arrivée de son fils là bas, le logement et les études. Il était très fier de pouvoir envoyer son fils ainé faire des études en France et imaginait déjà la grande carrière qui s’offrirait à lui dès son retour au Vietnam.
Le sacrifice qu’il faisait était grand mais cela en valait la peine, il le savait.

    Tao et Xuan organisèrent une grande fête de départ avec famille et amis, Tao eu l’impression que c’était la dernière fois qu’il mangeait la cuisine de sa mère et cela lui manquait déjà.
Elle lui avait appris à réaliser un certain nombre de plats « Pour quand ça te manquera trop d’être loin de nous » lui avait-elle dit, mais ce n’était pas la même chose car ils n’auraient jamais exactement le même goût qu’ici…

    « Tu nous enverras des lettres de France souvent ? » réclamaient toutes les amies de Tao, le cœur brisé à l’idée d’une séparation aussi longue.
« Et quand tu reviendras, moi je serai toujours là tu sais… on se mariera n’est ce pas ? »
« Ne nous oublie pas surtout !!!!! »

    Le lendemain,  Tao dormit un peu plus tard que d’habitude et fut réveillé par la petite Sao Mai qui lui tira le bras:
« Viens, réveille toi maintenant ! Xuan est là et il veut te voir. »

Tao descendit et retrouva Xuan et son père qui discutaient dans le jardin.
« Salut ! Pourquoi tu es venu si tôt ? Que se passe-t-il ? »

Son ami le regarda tristement et lui dit :

    « Je ne pars pas avec toi en France.

- Comment ? Mais pourquoi ?
- Ma mère a eu un grave accident hier soir, elle est à l’hôpital. On ne sait pas pour combien de temps... Je ne peux pas partir maintenant tu comprends... pas dans l’état où elle est, c’est impossible. Je suis désolé... »

Tao demeura abasourdi à l’annonce de cette nouvelle. Ainsi c’était vrai... il partirait seul en France.

    « Je suis désolé aussi. Je comprends que tu doives rester auprès de ta mère, tu ne peux pas laisser ta famille comme ça... je ferais pareil pour ma mère.

- Je viendrai te rejoindre plus tard d’accord ? Tu sais bien qu’on fera comme on avait dit depuis toujours.
- Oui je sais... »

    Le jour du départ de Tao, sa famille ainsi que Xuan l’accompagnèrent à l’aéroport. Le cœur serré, il dit au revoir à Hoa, Tuân, Minh et Sao Mai ses frères et sœurs.

« Sois sage petite sœur, et quand tu sauras bien écrire, envoie moi des lettre ? On se revoit quand tu seras grande d’accord ? »
Il ne pourrait jamais oublier les grands yeux noirs de sa petite sœur et sa petite main qui faisait des signes d’adieu jusqu’au dernier moment.


«Je viens bientôt je te le promets. » dit Xuan
« Tu as intérêt ! Je t’attends là bas ! Ecris moi bientôt »

« A bientôt mon fils, bon voyage.
- Au revoir Papa... et merci. »

    Tao alla ensuite embrasser sa mère qui pleurait. Elle était vêtue d’un ao dai bleu nuit brodé d’un phénix et d’un dragon. Son chignon était comme d’habitude très soigné. Elle était belle sa mère...

    « Maman... ne pleure pas... je vais revenir... et puis je te donnerai de mes nouvelles tu sais... ne sois pas triste...
- Pars mon fils, ne t’inquiète pas pour nous... pars...
- Dis moi que tu vas aller bien d’accord ?
- Ecoute, dès demain tu vas commencer une nouvelle vie, et nous serons très loin tous... mais tu seras heureux je te le promets. Je le sais. Tu auras une belle vie... n’oublie pas ça.»

    Tao serra sa mère dans ses bras une dernière fois et partit en se retournant une dernière fois pour leur faire un signe d’au revoir. C’était dur de partir. Encore plus difficile que ce qu’il avait imaginé, mais il fallait partir.

    Quand l’avion décolla, il regarda par le hublot une dernière fois sa terre natale. Il savait qu’elle allait lui manquer parce qu’il était très attaché à son pays.

Il ne savait pas qu’il ne reverrait plus jamais Tuân et Sao Mai qui resterait à jamais dans son souvenir une éternelle petite fille de 8 ans aux grands yeux sombres.
Il ne savait pas encore qu’il lui faudrait désormais compter les années... et qu’elles seraient nombreuses.

20 ans pour retrouver ses parents.
25 pour serrer de nouveau dans ses bras son meilleur ami.
28 pour revenir dans son pays.
Et tant d'autres vies pour revoir ses amis laissés ici...

Tao ne savait rien de tout ça, et c’était beaucoup mieux ainsi.

    Il n’avait pas versé une larme lorsqu’il avait dit au revoir aux siens, jouant à la perfection le rôle du fils ainé à qui son père offrait avec fierté la possibilité d’étudier à l’étranger.

Après des heures de vol, il arriva enfin en France.
«Me voilà un étranger à présent, dans un pays où je parle et je comprends à peine la langue. »

Il prit un train qui l’emmena jusqu’à Bordeaux où un ami de son père devait l’accueillir.
Il traversa les campagnes françaises, des villes, des villages... des paysages bien différents de chez lui...
Il pleuvait, Tao avait froid en ce début d’automne en France, et tout lui paraissait triste et gris...

    Quand le train s'arrêta au terminus dans la gare de Bordeaux, Tao ne put retenir ses larmes plus longtemps.


Commenter cet article

glamazone 16/06/2008 15:47

fouette le plus fort qu'il nous ponde encore et encore des récits comme celui ci!

Vanessa ne se plaint pas 13/06/2008 20:25

Ah mais je tremble laisse tomber. Ma robe MAJE et moi on va manger des MACARONS et on te laisse toi et ton pote NicMo c't'ordure (nooon on avait dit pas la famille, pas les amis, pas les blogueurs : TANT PIIIIS)

Et aussi : meurs pourriture communiste.

Spike 13/06/2008 19:56

@ Amandine: bouuuhh Amandine!! sois pas triste comme ça! C'est des histoires tout ça!!!

@ Glamazone: en fait c'est pas moi qui écrit, j'ai un nègre. Et là il était en grève, mais je l'ai vite remis dans le droit chemin.

@ Fran: demande leur et ensuite écris une histoire!

@ Silphi: tu veux dire que maintenant ils ont repeint tous les murs de Bordeaux en rose? Et que c'est beau? faut que j'aille voir.

@ Vanessa: tue Biskote c'est qu'une sale raclure de chat toute façon.
Continue à me troller et je bannis ton IP.
J'ESPÈRE QUE TU CRÈVES DE TROUILLE ESPÈCE DE MORUE VA!

@ Nicmo: bon d'abord si tu suivais un peu bordel tu saurais que Tao c'est un garçon et pas une fille.
Et Libourne, ouais je connais figure toi! C'est terrible comme ville hein!
(le temps s'est arrêté dans bien d'autres bleds... est ce une bonne chose?....)

NicMo 13/06/2008 19:17

Moi, je dis que ça aurait pu être pire, elle aurait pu arriver en gare de Libourne (33500) et se rendre compte que le temps s'est arrêté là-bas.

Vanessa ne se plaint pas 13/06/2008 19:11

(Bon là je dois sortir, mais quand je reviendrai genre tôt dans la matinée, ça va chier des bulles!)

JE TE HAIS.