Chapitre 5 - En France

Publié le par Spike

        Les premières semaines en France furent pour un peu difficiles pour Tao qui dut s'adapter à la vie, aux habitudes, et surtout au climat français. En effet, il n'avait jamais supporté de températures aussi basses!
Au départ, il habita quelques semaines chez un ami de son père, avant de trouver une toute petite chambre à côté de la fac. C’était la première fois qu’il se retrouvait véritablement seul.
Au départ, ce fut certes un peu difficile, mais heureusement pour lui, il fit la connaissance de nombreux jeunes vietnamiens, exilés eux aussi, envoyés en France par leurs familles pour faire des études.
Ensemble, il était ainsi plus facile de supporter toute la distance qui les séparait de leur pays et leur famille.

    Tout comme les autres étudiants, Tao avait appris le français à l’école au Vietnam, mais suivre des cours de médecine dans une langue étrangère n’était pas une mince affaire au début, c’est pourquoi tous devaient travailler plus que les étudiants français afin de comprendre parfaitement tous leurs cours.
Comme la plupart de ses camarades, Tao redoubla sa première année de médecine, mais ne baissa pas les bras pour autant, et très vite, le français ne lui posa plus de problème.


    Il envoyait des lettres tous les 15 jours à sa famille, ses amis, et Xuan, qui était resté à Saigon, en lui demandant quand est ce qu’il pourrait venir en France.
L’état de sa mère ne s’étant pas arrangé, Xuan avait finalement dû renoncer à faire ses études en compagnie de Tao, et s’était inscrit à la faculté de médecine de Saigon.
Son père lui envoyait de l’argent chaque mois, ainsi que des nouvelles de sa famille et des photos.

    « La guerre s’intensifie dans tout le pays, les américains sont de plus en plus nombreux et la partie Nord du pays a été bombardée. J’ai eu des nouvelles de tes cousins à Vinh Yen, par chance ils n’ont rien... »

    En France, Tao et ses amis suivaient de près l’actualité : ils n’avaient certes jamais connu leur pays en temps de paix, mais à partir de 1965, la situation et se fit de plus en plus critique au fil des mois.

Depuis 1954, suite aux accords de Genève et la décision de diviser le pays en deux états distincts, des milliers de personnes avaient fui leur pays pour échapper au régime communiste et se réfugier notamment en France.
Un jour, Trung, un des amis de fac de Tao lui dit qu’un centre qui s’occupait habituellement d’enfants handicapés, avait recueilli des petits réfugiés vietnamiens.

    « Nous pourrions aller leur rendre visite, leur parler dans notre langue. Ils sont orphelins et ne comprennent même pas les éducateurs qui s’occupent d’eux... »

    Il y avait dans ce centre une dizaine d’enfants âgés environ de 5 à 10 ans, attendant qu’on les place dans des familles d’accueil. En attendant, les éducateurs tentaient de leur enseigner le français, mais la présence hebdomadaire de Tao et ses amis ravissaient les petits qui les appelaient leurs « grands frères ». Eux même étant pour la plupart, les grands frères de petits frères et sœurs laissés au Vietnam, et ils étaient heureux de s’occuper un peu de ces enfants là.

    C’est au début de l’année 1967 que Tao rencontra, dans ce centre, celle qui allait partager sa vie.
Anna avait 22 ans et travaillait en tant qu’éducatrice dans cet endroit. Elle aimait bien quand Tao, Trung et les autres venaient leur rendre visite car en plus de leur servir d’interprète, elle notait un vrai changement dans l’attitude de ces enfants : ils devenaient l’espace de quelques heures plus gais, plus ouverts, heureux de pouvoir jouer et parler avec des personnes qui les comprenaient.
En fait, tous étaient ravis de pouvoir communiquer et échanger dans leur langue maternelle.

    Bientôt, Anna et Tao ne se quittèrent plus : il lui raconta son pays, les histoires de ceux qu’il aimait et qui étaient restés là bas, et préparait pour elle tous les plats que sa mère lui avait montrés avant de partir. Avec elle, il retrouva la joie d’avoir une grande famille car Anna était la 2ème d’une famille de 5 enfants également. Les réunions familiales plaisaient beaucoup à Tao qui commençait finalement à se sentir bien ici.
Anna aimait beaucoup Tao mais ne savait pas si elle devait réellement envisager de construire quelque chose avec lui étant donné qu’il avait prévu de retourner au Vietnam sitôt ses études terminées.

    Lorsqu’à la fin de l’année Tao écrivit à son père pour annoncer qu’il comptait se marier avec Anna, la réaction de ce dernier ne se fit pas attendre et fut exactement celle à quoi il s’attendait...

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WoaB 18/06/2008 18:42

mon chapitre favoris :)
c'est dingue ce que ça parait realistique quand meme :) mais apres ça moi je me pose des questions metaphysiues mega importantes " mais que va faire tao? partiras t il avec anna au vietnam?"
allez faut que je lise le prochain :) je me languis :

Vanessa ne se plaint pas 16/06/2008 21:57

Moi je dis que t'as un pb avec la cerise apparemment.

David 16/06/2008 19:16

Allummmmmmmer le feuuuuuuuuu !

Ah merde c'est pas le blindtest ici....
Heu... désolé...

(sinon j'aime bien mais tu t'en doutais déjà)

Spike 16/06/2008 17:01

@ Glamazone: carina, estas loca pero te quiero mucho, sabes eso? Y no me llama Marc Levy, de acuerdo?

@ Valérie: mais t'es top toi! T'as raison, justement j'allais zapper ce passage.
Non mais attends, Roméo & Juliette, les amoureux maudits, ça a déjà été fait... donc oui il faut que vous sachiez un peu si les parents d'Anna avaient un autre rôle que celui des Capulet!

valerie 16/06/2008 16:55

explique aussi pour les parents d 'anna ; eux acceptaient tao ?
(bah oui je dicte tes chapitres en plus, t'imagine).