Chapitre 7 - Paternité

Publié le par Spike

    Quelques semaines plus tard Tao venait d’emménager avec Anna dans un petit deux pièces de la rue du Palais Gallien, quand il reçut enfin une lettre de son père qui l’informait que tous allaient bien, mais qu’ils restaient pour le moment sans nouvelles de Tuân son jeune frère.
Malheureusement, ils n’en eurent jamais plus... la mère de Tao ne voulut jamais croire à la mort de son fils, « Il se cache, il ne peut pas nous donner de nouvelles, mais quand tout cela sera fini, il reviendra, j’en suis sûre... » mais en l’absence du corps retrouvé, même des années après, il fallut bien se rendre à l’évidence...

    Le mariage d’Anna et Tao fut célébré au mois de mai, en toute simplicité dans la grande maison de campagne des parents d’Anna, avec la famille d’Anna, ses amis, ainsi que les amis vietnamiens de Tao.

    Il avait longuement discuté avec elle sur le fait qu’il voulait rester avec elle, en France, et que même si son pays restait le Vietnam, il savait que malheureusement il ne pourrait pas y retourner. Certes il désobéissait à son père, et les lettres que ce dernier lui envoyait n’étaient pas tendres envers Anna. Tao recevait également des lettres de ses anciennes amies de Saigon, jalouses et furieuses qu’il ait osé épousé une française...
Et puis leur premier enfant est né... un fils. Un an tout juste après leur mariage.


    Hoan, (« joie » en vietnamien) naquit l’année de la mort d’Ho Chi Minh. Dès sa naissance, Tao envoya de nombreuses photos à ses parents, très fier de son fils qui lui ressemblait aussi beaucoup. Lorsqu’il apprit qu’il était devenu grand-père, le père de Tao changea complètement d’attitude envers Anna : dorénavant, elle était la mère de son premier petit fils, et il était tout fier :

    « Regardez mon petit fils, disait il en montrant les photos à ses amis, à la famille, il est à moitié vietnamien, à moitié français, il est très beau n’est ce pas ? »

    Et c’est vrai que Hoan était un enfant magnifique...
Tao aimait à le bercer pendant des heures, même lorsqu’il rentrait tard et qu’il travaillait à son bureau, il lui chantait des berceuses en vietnamien, celles qu’il avait toujours entendues chantées par sa mère, il lui parlait en vietnamien, lui montrant chaque animal, chaque chose en disant son nom dans les deux langues.
Hoan était certes trop petit pour tout comprendre, mais cette langue le berça toute son enfance.
    Quelques années plus tard, une petite sœur arriva... et à la naissance de Kim Yên, Tao et Anna déménagèrent dans un appartement beaucoup plus grand, rue Fondaudège.
Juste en bas, dans la rue, il y avait un magasin de fruits exotiques, les même que ceux que l’on trouvait au Vietnam, et Tao aimait en acheter car cela lui rappelait exactement le goût de son enfance. Kim Yên et Hoan adoraient quand leur père en rapportait à la maison.

    Alors que Tao construisait sa vie et sa famille peu à peu en France, celle de ses parents et de ses amis bascula à partir de 1975.

Fin avril, le gouvernement du Sud Vietnam capitula devant l’armée du Nord et des viêt-cong. Les américains quittèrent le pays, Saigon fut rebaptisé Ho Chi Minh Ville, des milliers de personnes quittaient le pays.

Quelques mois après la chute de Saigon, Tao reçut une lettre qui l’ébranla:

    «Mon fils, tu dois savoir que le nouveau gouvernement envoie des milliers de personnes en camp de rééducation dans tout le pays : des intellectuels, des étudiants, des membres de l’ancien parti, d'anciens hauts fonctionnaires d’état...
la semaine dernière, ils ont emmené le mari de ta sœur Hoa, ainsi que ton ami Xuan. C'est Van, sa femme, qui est venu m’annoncer la nouvelle. Elle ne savait pas où ils l’emmenait... notre maison a été réquisitionnée, je n’ai plus la possibilité d’enseigner, le gouvernement a interdit l’apprentissage du français et de l’anglais dans toutes les écoles du pays... »


    Tao était effondré et en proie à un profond sentiment d’impuissance face à autant d’injustice. Comment les chemins de Xuan et le sien, si intimement liés en apparence depuis leur plus tendre enfance, avaient pu à se point se séparer ?
Lui était à des milliers de kilomètres du Vietnam, dans un pays qui ne connaissait pas la guerre, avec une famille qu’il avait construit, son meilleur ami, celui là même qui aurait dû avoir une vie quasi identique à la sienne, était à l’heure qu’il est dans un camp de rééducation, quelque part dans les montagnes ou la forêt, dans des conditions effroyables, pires que ce que Tao ne pourrait jamais imaginer vivre.
Etait-ce réellement le destin de Xuan de subir un tel sort ? Tout était donc écrit et irréversible ?
Tao voulait espérer que son ami s’en sortirait.

    Il fit parvenir régulièrement des colis de médicaments afin que sa famille et la femme de Xuan puissent les revendre et ainsi avoir quoi vivre. C’était pour lui le seul moyen pour leur venir en aide. Les lettres que son père lui envoyait toujours lui révélaient à quel point la vie était devenue si difficile là bas... il leur faudrait quitter le pays très prochainement, et ce par n’importe quel moyen.

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Glamazone 24/06/2008 08:23

Ils vont tous venir en France j'en suis sure!

Spike 23/06/2008 22:18

@ Eliiiiiiiise et Valériiiiiiiie: les fiiiiiiiilllles!!!! Merciiiiiiii!!!!
j'ai jamais eu autant de messages de bon anniversaire de toute ma vie chui trop émute!

@ K-miye la it gueurle: alo moi justeman cé tou le contrère 2 toi: jador tro de tro lé yaourt avec dé vré morsso de fruit dedans: a la pom, la poare, marron mème, cé tro tro bon sérieu moi jador!
Mé moi ossi dé foi je manje dé yaourt que la date élé dépacé, mé cé pa grave.
Miam les yaourt moi je di! mé té balèze passkeu t'en manje plusse keu moa!

camille la it girl experte es yaourts! 23/06/2008 22:09

aujourdui gen é mangé 6 pask'il fé tro cho a lyon é ke c tou ce ke je peu avalé, mé g'm pas les yaourts à boir ni ceu ac dé morsso de frui dedan c tro dégueulass lé morsso de fruit dans lé yaourts tu trouve pa ?
défoi méme je fé kom ds lé pubs je mé le yaourt sur le visage é kom chuis une warrior je mange mm des yaourts périmé parce que j'ai vu ds un magasine de yaourts que c juste le bifidus actif ki disparait et ke c juste 1 peu - bon pour l'intérieur...

valerie 23/06/2008 19:17

bon anniversaire madame.

éliiiiise 23/06/2008 17:05

HEY joyeux anniversaire puisque c'est de circonstance...

oui oui un com qui ne sert à rien d'un sens, mais d'un autre ça montre que je pense à toi :)