La triste vie d’Armelle Bidet-Dumoulin - chapitre 1

Publié le par Spike

     Cette histoire est une pure fiction : toute ressemblance avec des personnages et des faits existants où ayant existés ne seraient que pure coïncidence : si d’aventure quelqu’un se reconnaissait dans cette pathétique histoire et serait tenté de me coller un procès sur le dos pour atteinte à la vie privée et diffamation, j’ai envie de lui dire que j’y peux rien s’il a une vie de merde pourrie comme dans les histoires que j’invente.



     Armelle Bidet, épouse Dumoulin, n’avait plus grand-chose à attendre de la vie.
A bientôt 70 ans, elle attendait patiemment que son heure arrive, trop peureuse pour forcer le destin et trop croyante pour risquer d’aller brûler en enfer au cas où elle mettrait fin à ses jours en se jetant sous le bus 357.
Depuis 10 ans, elle vivait seule avec sa vieille mère qui allait vaillamment sur ses 101 ans : elle n’était pas prêt de claquer la vieille: elle n’avait, certes, plus toute sa tête mais malheureusement pas le moindre souci de santé à l’horizon.
Armelle avait récupérée sa mère à la maison de retraite 15 jours après que son mari l’eût quittée, il y a 12 ans, parce qu’elle commençait à s’ennuyer toute seule chez elle, et elle s'était dit qu’avoir sa vieille mère sénile, c’était toujours moins pire que de se retrouver seule.

     A 64 ans, Georges Dumoulin n’en pouvait plus de vivre avec la femme qu’il avait fait l’erreur d’épouser 40 ans plus tôt. Il en avait eu marre et il était parti un jour de novembre.
Georges aspirait au calme, à la sérénité et à des promenades en bateau, mais sa femme passait son temps à le houspiller, à parler sans jamais s’arrêter, et en plus, elle avait le mal de mer.
Le pire, c’était lorsque sa mère était là : la vieille était pire que sa fille et la vie de Georges devenait alors un enfer.
Pour échapper à ces folles, il passait alors des heures, des journées entières, enfermé dans son atelier pour bricoler des tondeuses à gazon ou des vieux appareils d’électro ménager: réparer des vieilles choses était son hobby, mais de toute façon, il aurait prétexté n’importe quoi pour échapper à sa femme, cette harpie, et sa belle-mère, cette cinglée, quand elle était là.

     Un jour, Georges s’en alla à la charcuterie chercher des friands au fromage pour le dîner du soir et une boite de chevilles Molly au Roi Merlin, afin d’accrocher le râtelier à fusils qu’Armelle lui avait offert pour leur 23ème anniversaire de mariage.
Georges n’est jamais revenu, et jamais le râtelier à fusils n’eut de place sur le mur de la salle à manger en bois de rose achetée chez BUT pas plus tard que l’an dernier.
Georges Dumoulin et sa boite de chevilles Molly se sont dissouts dans la nature lors d’un froid matin de novembre.

Inquiète de ne plus avoir personne à qui parler, Armelle commença à s’énerver lorsqu’à 18h, l’heure de « Questions pour un Champion », Georges n’était toujours pas revenu.

    « Il est peut-être allé voir sa maîtresse. » se dit-elle.

     Elle savait bien que Georges la trompait à tour de bras depuis 27 ans, mais elle faisait mine de ne rien voir. Armelle Bidet-Dumoulin préférait simplement la présence de son mari à celle d’un chien parce qu’il faisait du bricolage dans la maison et que parfois il parlait dans un langage qu’elle était à peu près apte à comprendre s’il parlait autre chose que mécanique et bricolage.
Et puis
de toute façon, elle avait une sainte horreur des animaux à poils.

    Quelques jours après, elle reçut une lettre de Georges :

Armelle,

Après toutes ces années durant lesquelles je me suis contraint et forcé à te supporter parce que ma lâcheté et ma faiblesse m’ont toujours empêchées de te quitter toi et les enfants, j’ai décidé qu’il était enfin temps que je reprenne ma liberté.

Tu vas me dire que je pars sans rien, mais détrompe toi : pendant 35 ans, j’ai gardé la monnaie du pain et des friands au fromage de quand j’allais faire les courses, j’ai amassé des millions sur un compte au Luxembourg. Je te laisse donc la maison et les meubles car je n’ai besoin de rien.
De toute façon, la salle à manger en bois de rose et les fauteuils Voltaire m'ont toujours donné envie de vomir.
Je te quitte, je vais enfin vivre ma vie en vrai, et  je pars avec Joséphine, la fille du charcutier.
Sache qu’elle aussi fait très bien les salsifis braisés à la graisse d’oie et la langue de porc confite, tu ne me manqueras donc pas beaucoup (d’autant plus qu’elle au moins, elle suce bien et sans les dents).
Adieu donc

Georges



à suivre...

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lenia 13/11/2008 19:52

Mais ma chère ! l andouillette c est comme le boudin ça se suce ! ça ne se croque pas ! par contre le pied de cochon se croque ! toutes mes excuses j aurais du y penser avant ...

lenia 13/11/2008 19:25

ah la cheville molly ! ça change de la boite d allumette !

Mais Georges n a pas précisé un détail : "sucait bien sans les dents" ... cela veut dire qu elle savait bien se servir de sa bouche pour le sexe OU qu elle n avait plus de dents ?

Spike 13/11/2008 19:43


Ah oui pardon: alors en fait, la fille du charcutier avait des dents bien sûr, sinon comment veux tu qu'elle puisse croquer dans les andouillettes de Troye?


okatarinabella 13/11/2008 16:37

"d’autant plus qu’elle au moins, elle suce bien et sans les dents)."

alors là....du grand art !!!
je fais comment maintenant mon écran est éclaboussé du coca que j'ai recraché par les trous de nez ? hein ? mon Macbook d'amour ? hein ?

;-)

Spike 13/11/2008 19:38


Je visualise très bien le spectacle, c'est tout simplement inacceptable de vomir sur une machine aussi jolie qu'un Macbook. J'aimerais bien qu'un mec commente ici pour dire ce que ça fait la pipe
avec les dents, oui, qu'il vienne nous raconter sa douleur.


julie/liliMP 13/11/2008 15:34

je sais me diversifier! aussi j'accompagnerai l'histoire d'Armelle avec du cidre brut!
(vlà la réputation d'alcoolo que je vais me faire sur la blogosphère tsss!)

Spike 13/11/2008 15:57


Avec de l'hydromel, ça aurait mieux sonné. Du coup tu serais passée pour une poéteuse. Alcoolo, certes, mais avec le sens de la rime.


valerie 13/11/2008 15:28

mais j'aime pas quand c'est à chapitres !!

Spike 13/11/2008 15:54


Hométérelou! Là ya que 3 chapitres, et je fais uniquement des chapitres pour pas que ce soit trop long, parce que déjà que j'ai tendance à faire des billets longs et chiants, si j'avais mis toute
l'histoire d'un coup personne ne l'aurait lue.
VOILA MADAME.