La triste vie d'Armelle Bidet-Dumoulin - chapitre 2

Publié le par Spike


    
      Après la lecture de cette missive, Armelle Bidet-Dumoulin essaya de pleurer un grand coup pour faire comme les héroïnes de films américains quand elles se font plaquer, mais elle n’y parvint pas.

Ses yeux, comme son cœur, étaient secs depuis longtemps déjà, et puis sur quoi allait elle pleurer?
La perte d’un mari qui ne l’avait jamais aimée ? Sur sa honte de femme éternellement trompée? Sur son incapacité à avoir jamais su faire une pipe correctement ? Sur sa prochaine solitude ?

Il y avait finalement tant de choses sur lesquelles elle pouvait se lamenter qu'elle n'aurait pas assez de larmes pour cela - mais de l'aigreur par contre, ça elle en avait à revendre - : sa vie  n'était rien d'autre qu' un échec cuisant et retentissant :

     Elle avait rêvé d’être une grande chanteuse d’Opéra, persuadée d'être douée d'une voix merveilleuse, elle avait passé sa vie à enseigner le solfège dans une école de musique minable de la banlieue Strabourgeoise. Sa voix aigue et stridente n'avait servi à rien d'autre qu'à faire pousser les poires de son jardin.
Fuyant une mère veuve, maniaque et obsessionnelle, elle s’était mariée tôt et avait fait des enfants comme d’autres élèvent du bétail.
     Elle voulait des filles, elle eut donc 3 fils, qu’elle éleva seule et à la baguette, en l’absence de son mari volage qui travaillait pour oublier qu’il avait une famille.
Ses fils, sa fierté, ses héros, ses chefs d’œuvres :

« Mes fils ils sont beaux, mes fils ils sont forts, mes fils ils sont les meilleurs du monde. »


     Ces enfants prodiges dont le visage ingrat qui n’était pas sans rappeler celui d’un tétard ayant copulé avec un babouin à corne, et qui se couvrit d’acné sévère durant toute leur adolescence éliminant ainsi toute chance de perdre leur pucelage avant 24 ans au moins, grandirent sous le joug d’une mère envahissante et autoritaire qui disait non aux jeans et aux sorties nocturnes après 17h30.
Jamais ils n’osèrent jamais la contredire de peur de la décevoir ou de lui faire de la peine.
Leur père quant à eux, faible et inexistant, avait d’autres préoccupations que celles de soigner les pustules de ses fils et de leur faire porter autre chose que des pantalons à pinces.

Très tôt, et selon son propre chef, Armelle décida de faire des ses fils des musiciens émérites:
Wolfgang fit du piano, Frédéric voulut faire du cor de chasse mais fut mis d’office à la flûte traversière, et Johann au violon.


    « Comme ça j’ai mon propre orchestre à la maison ! N’est-ce donc pas ravissant ! »


Elle exhibait ses enfants comme des animaux de foire à toutes ses amies qui venaient prendre le thé  Lipton Yellow (celui vanté par Pierre Barthès champion de tennis) chez elle le dimanche, attendant moult éloges et compliments de leur part :

     « Comme tu as des enfants merveilleusement parfaits ! » gloussaient les amies, faisant semblant d’être envieuses.

     « Je sais qu’ils sont parfaits : ce sont mes enfants. Et vous remarquerez que je leur ai donnés à tous des prénoms de compositeurs de génie !» se gaussait Armelle.

Puis elle envoyait ses rejetons étudier leurs leçons de catéchisme dans leur chambre.

    La vie de la progéniture d’Armelle était déjà toute tracée dans sa tête : Wolfgang serait directeur financier dans une grande multinationale, Frédéric deviendrait un brillant avocat dans une banque d’affaire, et Johann cardiologue dans sa propre Clinique privée.
Ils se marieraient vite, habiteraient tous pas loin de chez elle, et lui donneraient de beaux petits enfants. Elle se chargerait de leur éducation ainsi que de celle de ses belle-filles, parce qu'elle avait décidé que tout marcherait comme elle seule le déciderait. Elle savait tout mieux que quiconque et pas question qu'on ose la contredire.

    Malheureusement, la pauvre Armelle n’eut jamais de petits enfants : Wolfgang fit sa crise d’adolescence à 25 ans et se maria avec une Ethiopienne magnifique, mais malheureusement stérile.

     « Non seulement mon fils se marie avec une négresse mais en plus elle est incapable de lui donner le moindre enfant ! Mais quelle honte ! Elle mériterait de périr écrasée sous un bananier!»

Wolfgang et son arrogance s’enfuirent alors en Guyane avec sa femme pour ne plus jamais voir sa mère, parce qu’il savait qu’elle ne mettrait de toute façon jamais les pieds dans un pays comme celui-ci.  Là bas, avec sa femme, ils élevèrent des bananes et firent pousser des koalas.

Frédéric vénérait sa mère mais avait bien conscience que jamais il ne trouverait une femme à la hauteur de cette dernière. Devenu encore plus suffisant et moralisateur que sa génitrice, il découvrit son homosexualité vers 19 ans, et malgré son acné ravageuse et sa petite bite, se tapa tous les mecs de son lycée ainsi que le proviseur et le jardinier.
Après des études de droit et les beaux arts, il prétexta avoir trouvé un poste d’avocat  d'affaires basé en Thaïlande.
En signe de rébellion, il porta des jeans Pantashop et du Chanel 1
9 puis atterrit sur les trottoirs de Bangkok. Il tapina gratuitement  pendant des années car ses clients oubliaient toujours de le payer, puis un jour il décida d’ouvrir une boite de strip-tease avec des vieilles danseuses de 55 ans.

Enfin, Johann, qui faisait tout comme ses grands frères, devint lui aussi homosexuel, mais se lança dans la production de films pornographiques spécialisés dans les vieilles, ainsi que le trafic de cocaïne, d'héroïne et d'homéoplasmine.

     Armelle était désespérée, mais jamais au grand jamais ne le montra : elle disait à qui voulait l’entendre à quel point ses fils, ses héros, avaient réussi de la manière la plus brillante qui soit dans la vie. Pour rien au monde elle n’aurait avoué qu’en réalité ils lui faisaient honte parce que deux d'entre aux étaient devenus homosexuels et qu’ils avaient tous emprunté un chemin autre que celui qu’elle avait tout tracé pour eux, et qu’ils la détestaient et qu’elle ne comprenait pas pourquoi.

    Armelle Bidet-Dumoulin vivait donc depuis 10 ans, seule avec une mère que le Seigneur refusait de rappeler enfin à lui, sans plus de nouvelles de ses enfants qui étaient partis au bout du monde pour éviter de la voir chaque dimanche autour d'un rôti de veau aux hormones.
Sa vie était devenue plus triste que celle du chien de sa voisine Jeannette, tétraplégique, aveugle et couvert de pyodermite, à la différence qu’elle était malheureusement en pleine forme.
Elle qui aimait tant se plaindre, sa bonne santé ne lui en laissait même pas l’occasion...

     « Chienne de vie » se répétait Armelle Dumoulin en préparant son plat préféré : des tripes farcies à la Périgourdaine.

suite et fin demain...
   

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lenia 16/11/2008 18:11

ah ! alors si c est Sonia qui le dit, vu que son vocabulaire est très imagé et fruité ... je pense que la poire dans ce cas est une poire à lavement rectal... ce qui veut dire "à chier" donc, et vu qu elle est très elle fine elle emploie "pousser les poires"... bien bien bien ...

lenia 16/11/2008 14:31

ah le trafic d homéoplasmine ! mais c est vachement grave !
j ai appris un truc : l astuce pour faire pousser les poires (faut dire que j ai pas pas de poiriers et que je ne peux pas saquer ça ! )

Spike 16/11/2008 15:31


Selon Sonia, les gens qui ont des voix stridentes, ils ont "des voix à faire pousser les poires".
J'ai pas de poirier non plus, mais peut être qu'elle a déjà expérimenté une telle pratique pour obtenir des fruits fabuleux dans son verger, je ne sais pas, faudra que je lui demande tiens...


camille la it girl 14/11/2008 22:11

attend, elle crée même pas un blog pour repartir à zero ?
trop pas créative cette fille

et l'article de Nikholas est purement genial

Spike 15/11/2008 09:12


Créa ... quoi?. ... un bll... un quoi...???? ha mais non, Armelle est bête comme un mouton décérébré tu sais! La créativité elle connait pas (la pauvre femme...)


lailanie 14/11/2008 22:07

Spike tu es folle.... et j'adore ça !!!!!!!!!!!!

Spike 15/11/2008 09:10


Ha merci. Y'en a qui disent que je suis tarrée mais qui me menacent de me coller un procès... (oui y'a des  gens qui sont cons)


Glamazone 14/11/2008 20:17

c'est pour ça que je ne mélange pas mon image à mon blog !