Les expériences qu’on fait pour apprendre la vie quand on est petit (et même parfois beaucoup plus grand) Partie 2

Publié le par Spike



LE JOUR Où J’AI DÉCOUVERT QU'ON POUVAIT SE FAIRE TRÈS MAL
À TRAVERS UN ONGLE



    Pendant longtemps j’ai cru que les ongles étaient comme des petites armures et qu’ils protégeait ce qu’il y avait en dessous de façon très efficace. En fait non.
Un jour, après avoir fait brûler des «cierges magiques » (vous savez, les bâtons qu’on allume et qui font des étincelles pendant 1 minute et c’est beau) j’ai voulu tenter une expérience : j’ai mis le bâtonnet encore brûlant sur l’ongle de mon index: je pensais que j'allais juste brûler un peu l'ongle, mais que je ne sentirais rien du tout en dessous.
Visiblement, j'avais tort.

     Mon verdict : OUI ça fait SUPER ARCHI MÉGA mal.

Et pourtant je ne suis pas restée longtemps avec le cierge magique sur l’ongle, heureusement qu’on possède des réflexes et des instincts de survie et que les miens étaient encore efficaces.
J’ai mis des semaines à cicatriser, mon doigt était tout nase après cette expérience.

    Depuis, j’ai compris que les ongles étaient aussi conducteur de chaleur (et donc de douleur).


LE JOUR Où J’AI DÉCOUVERT QUE SE FAIRE DES PIERCING TOUTE SEULE,
C’ÉTAIT PAS LA MEILLEURE IDÉE DU SIÈCLE

(surtout si on a pas de matos)


    Là j’étais drôlement plus grande puisque j’avais 14 ans. J’avais déjà mes oreilles percées de 3 trous chacune – mes parents avaient arrêté de crier au bout du 2ème, ils ont vu que ça ne servait à rien de toute façon – quand me vint l’idée saugrenue, un soir, à 22h30, de me percer un 4ème trou à l’oreille droite :

     «Tu pourrais au moins attendre demain matin, comme ça t’iras chez le bijoutier pour te le faire faire. m’a dit mon cousin qui dormait sur le lit superposé.
- Non, je vais le faire toute seule, c’est plus marrant. Attends, je reviens.»

    J’ai cherché la boucle d’oreille la plus pointue que j’avais, et je suis allée dans la salle de bain. J’ai fait une marque au crayon, j’ai pris la boucle d’oreille, et j’ai appuyé... appuyé... de plus en plus fort... jusqu’à ce que le clou sorte de l’autre côté de l’oreille: ça m'a pris un quart d'heure.

     Mon verdict : NON ça ne fait pas SI MAL que ça.
Mais à l’époque, faut dire que j’avais déjà pas la lumière à tous les étages et pourtant je ne me droguais pas encore.


     J’ai caché mon oreille pendant des jours et des jours pour ne pas que mes parents voient ça, et je prenais soin de bien désinfecter tous les soirs.
Au bout de 15 jours, du liquide commençait à couler de mon oreille, et ça me faisait un peu mal.
Je résistais.

Un peu plus tard, ça avait quand même drôlement enflé et en plus ça faisait des croûtes.
Je résistais toujours et je gardais courageusement ma boucle d’oreille.

Pas longtemps après, j’avais si mal que je n’en dormais plus la nuit. Mon oreille était devenue extrêmement douloureuse. Là, je me suis dit qu’il fallait que je trouve une solution.
J’ai craqué. Je suis allée pleurer auprès du Docteur House, mon père, pour qu’il me soigne.

Quand il a vu mon trou à l’oreille et qu’il a appris comment je m’étais fait ça, il m’a dit :

    «Bien fait pour toi, je t’avais prévenue. Maintenant, soit t’enlèves tout de suite cette boucle d’oreille et tu la soignes correctement, soit on va devoir t’amputer de l’oreille très vite.»

Pour une fois, je l’ai écouté.

    Depuis, je n’ai jamais refait de 4ème trou à cette oreille, même pas par un professionnel qui travaille avec des aiguilles stérilisées à l’autoclave.



LE JOUR Où J’AI DÉCOUVERT QUE LES COURS DE PHYSIQUE,
FINALEMENT çA PEUT PARFOIS SERVIR DANS LA VIE COURANTE



     Je n'ai jamais rien compris à la physique: en cours, je trempais me doigts dans les tubes d'acide chlorhydrique, je faisais des girafes et des bonhommes avec les boules qui servaient à représenter les différents atomes ou je fumais des clopes derrière le rideau du fond de la classe.
Autant vous dire que durant toute ma scolarité, ma moyenne ne volait pas bien haut. Enfin si j'avais un peu écouté en cours, j'aurais pu savoir ce que le mot "PRESSION" signifiait.

     Invitée à une soirée de 1er de l'an, j'avais décidé dans l'après midi de préparer une crème anglaise pour aller avec le fondant au chocolat (quelle frimeuse j'étais) pas de bol, ma crème anglaise était pleine de grumeaux:

    
«Pas grave! je me dis. Je vais les faire disparaître en secouant tout ça dans un tupperware!»

Super fière d'avoir eu cette idée lumineuse de centrifugeuse Mac Gaïvesque, j'ai donc versé la crème bouillante dans le tupperware, mis le couvercle, fait le vide d'air à l'intérieur, et secoué énergiquement le tout.
Quelle riche idée j'avais eue là...
Je n'ai pas eu le temps de secouer bien longtemps, je ne savais pas que  liquide bouillant+vapeur+couvercle qui ne se visse pas= DANGER

Il y eut un:
SPPLLLAAAAAATTCHHHH!!!!!
suivi d'un: AAAAAARRRHHHHHHHGGGGHHHH!!!!!!!

   Mon verdict : OUI s'ébouillanter la figure avec un jeyser de crème bouillante, ça fait TRÈS MAL .

J'ai non seulement repeint les murs de la cuisine, mais en plus j'étais pas très belle à voir, et j'ai cru que j'étais devenue aveugle.
Morte de honte, je suis quand même allée à ma soirée avec le visage cramé (enfin plutôt cramoisi en fait) que même le maquillage il a rien réussi à cacher.
La méga Classe.
Quand j'ai raconté comment je m'étais fait ça, tout le monde a rigolé, parce que je n'avais que des copains doués en physique (ou doté de bon sens, je sais pas).

      Mon ami Guillaume - devenu prof de physique depuis - m'a fait gentiment remarquer que les cours de physique finalement ce n'était pas si inutile que ça, et que même avec le visage brûlé, il me trouvait quand même jolie et m'a fait un bisou sous le gui.
Mais il faut dire que mon ami Guillaume n'a jamais été très objectif me concernant.

     Depuis, j'écoute toujours les conseils de mon ami Guillaume mais je n'ai jamais osé approcher une cocotte minute. ça pourrait m'exploser à la figure on ne sait jamais.


LE JOUR Où J’AI DÉCOUVERT QU’UN ACCOUCHEMENT çA NE SE PASSAIT PAS EXACTEMENT COMME DANS LES FILMS


     Alors là, vous allez rigoler: même si je n’avais plus 14 ans, il a fallu que je fasse l’expérience d’un accouchement moi-même pour me rendre compte qu’il y a des choses qu’on cache aux femmes enceintes, sinon, elles risqueraient de ne jamais vouloir accoucher...

Pourtant je m’étais drôlement documentée sur la question pendant les (trop) longs mois où j’étais enceinte. J’avais lu des tas de livres, et j’avais refusé de participer aux séances de préparation à l’accouchement où des tas de nanas s’entrainent à accoucher pour de faux, avec leur mari à leurs côtés, en attendant le grand jour.

    «Pas la peine que j’aille à ces trucs là, en plus les trucs où ya que des filles, j’aime pas ça. Le jour où faudra accoucher, ya pas de raison que je n’y arrive pas comme tout le monde!»


Un jour, j’ai enfin accouché.
Comme tout le monde donc.

Une fois le bébé sorti correctement, j’étais déjà prête à partir, et j’ai demandé à la sage femme :

    «Ayé c’est fini ? Bon je peux aller prendre une douche là, je me sens un peu crade, excusez moi.»

Et là, elle me répond un truc auquel je ne m’étais pas, mais PAS DU TOUT attendue :

    «Ha mais non vous pouvez pas, c’est pas fini !
- Comment ça c’est pas fini ?
- Ben non c’est pas fini ! Maintenant, il faut faire sortir LE PLACENTA ! »
- QUOI ??????? MAIS C’EST QUOI CETTE HISTOIRE ???? PERSONNE M’A DIT QU’IL FALLAIT ACCOUCHER EN DEUX FOIS ??? ET COMMENT ON ACCOUCHE DU PLACENTA D’ABORD ????
- Ben si: faut faire sortir le placenta. Vous poussez et ça va sortir.
- Mais c’est dégueu !
- Non, c’est la nature.
- LA NATURE C'EST DÉGUEU!!!! Et pourquoi ils en parlent pas dans les livres? Hein? Et vous allez quand même pas me faire bouffer le placenta ensuite? Hein???? Pourquoi? POURQUOI????
POURQUUUUOOOIIIIIIIII !!!!!!!!!!!»

     Un cri de détresse déchirant, semblable à celui de Moundir quand il criait dans la jungle, a retentit dans les couloirs blancs de ce lugubre hôpital de campagne tenu par le frère du Docteur Glopenstein. L’infirmière prit une longue pince maculée de sang puis partit d’un long rire sardonique que je n’oublierai jamais. Son collègue s'empara d'un long couteau et s'avança vers moi en me disant de ne surtout pas avoir peur. Dehors le tonnerre faisait rage et je savais que là où j'étais, personne ne pouvait m'entendre à des kilomètres à la ronde...
Parfois la nuit, je crois encore l’entendre et je me réveille en sursaut... je voudrais tant faire taire cette voix qui me hante et me répète sans arrêt:
"Mais pourquoi viennent-ils à moi pour mourir? Pourquoi viennent-ils à moi pour mourir????"...


Bon ok, ça je l’ai inventé, j’ai pas accouché dans un hôpital hanté à la campagne. (mais le reste c'est vrai)

Bref, je vous passe les détails de l’accouchement du placenta, simple question de courtoisie par rapport aux lecteurs qui ont des âmes sensibles et aux lectrices qui n’ont pas encore d’enfant et qui peut-être auraient l'idée folle d'en avoir un jour.

     Mon verdict: Accoucher, OUI c’est dégueu.
Moi je pensais que le placenta était autour du bébé (comme chez les bébés chats, j'avais assisté sans faillir à plein de naissances de chatons) et pas qu'il fallait le faire sortir 5 minutes plus tard.

Maintenant, je sais pourquoi je n’aurai plus jamais d’enfant de ma vie.


     Depuis ce jour, je sais maintenant que dans les films, lorsqu'une femme accouche, ce n'est pas du tout le reflet de la réalité: les accouchements sont romancés et même dans les documentaires sur les accouchements, on ne nous montre pas tout: la preuve, tout le monde occulte le passage gore où la femme accouche de son placenta.


Commenter cet article

thomas 27/05/2011 16:52


Dédiou ! Tu écris vachement bien, j'ai maintenant deux écrivains préférés : Brautigan et toi :) Vous vous ressemblez c'est dingue.
J'aime bien ton histoire du double accouchement , c'est très vrai pour les Balinais ( http://www.baliauthentique.com/Bali_de_a_a_z_anges_gardiens.htm ) ,
Le placenta est vraiment considéré comme un petit frère jumeau qui aurait donné sa vie pour l'autre , lorsque l'on enterre le placenta on pose à côté des stylos et du papier pour qu'il puisse
s'instruire de son côté et aidé son frère viable au cas où il deviendrait un branleur à l'école. Pas con!(ça c'est en complément de l'article où ils disent pas tout...)
T'as un autre blog , ou d'autres trucs à lire ?
Hanches hantées,
T.


paquerette 14/03/2011 15:37


Just Eeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeerkkkkkkkkkkkkkkkkkkk !


Eva 06/10/2009 22:50


Coucou! Qui est l'auteur du texte "un cri de détresse déchirant... mourir???" que tu cite lorsque tu parle de ton accouchement? Merci d'avance!


Spike 10/11/2009 19:04


C'est de moi. Et la fin, c'est dans une tirade de "Wayne's world": BONJOURS LES RÉFÉRENCES TU VAS ME DIRE! hahahah!


Eoghann 04/06/2009 17:16

bon, je sais, je lis tes billets avec du retrard... j'ai une excuse, je connaissais pas ton blog :)
Je passe un moment rare à glousser comme une vieille sur mon canap', j'te jure !
Le coups de crème anglaise et d placenta, ça vaut tous les films américains bourrés d'effets spéciaux... jubilatoire !

Crazu Cat Lady 11/03/2009 23:06

Non mais sérieusement moi je VEUX savoir comment ça se passe en vrai un accouchement. Si on se fait caca dessus systématiquement, par exemple (ma mère me parlait d'une histoire de lavement que parfois on n'a pas le temps de faire et tout...), et tous les autres trucs qu'on dit pas. JE VEUX SAVOIR !

Spike 12/03/2009 09:30


ben écoute... demande à ta mère, à tes copines, tout ça!
Enfin moi ça s'est bien passé finalement tu sais, après, je sais pas ce que tu veux comme détails, mais sur les forums de Mamans, elles doivent raconter? (ou pas, elles ont peut être trop honte ?)