Si tu meurs maintenant, c'est con parce que jamais tu sauras ce qui se passe à la fin de la saison 7 de 24

Publié le par Spike

      

 

     Lundi dernier, en arrivant au boulot, j’ai appris que quelqu’un était mort pendant le week-end.
Son collègue est descendu nous voir et nous a annoncé :


     «François Poirier is dead. »


(au boulot, on parle tous anglais pour faire comme si qu'on serait de l'équipe de Djack Baoueur et qu'on bossait à la CitiYou)


     Il était sous le choc. Mes collègues aussi étaient sous le choc: François Poirier avait eu une crise cardiaque pendant le week-end, et sa femme venait juste d’appeler.

Moi je ne le connaissais pas. Je l’avais même jamais vu ce François Poirier, c’était juste un nom sans visage pour moi. Mais tout de même, ça fait un drôle d'effet.

Ensuite, je me suis dit :


     «Je sais pas à quelle série télé il était accro, mais en tout cas, s'il suivait «24», il verra jamais la fin de saison 7. Dommage. Surtout qu'en plus celle là, elle déchire.»


     Je ne croyais pas si bien dire : le fait est qu’il ne verrait pas la fin de la saison tout court, vu qu’il n’avait même pas passé l’hiver... et pourtant le printemps, c’était dans pas si longtemps...
C’est dur la mort quand ça vous fauche d'un seul coup sans prévenir. Enfin c'est dur pour les autres.

Surtout quand, en apparence, on pensait que tout allait bien, parce que vous êtiez encore jeune et en pleine forme.
C’est pas comme un bon petit cancer qu’on a le temps d’entretenir avec amour, histoire de préparer correctement vos proches à votre absence éternelle... là... il faut croire que le ciel n’a pas pu attendre François Poirier.

Le soir, j’ai dit à Séb que je lui interdisais de mourir sans me prévenir, sinon... ben sinon rien en fait.

Ce à quoi il m’a répondu :


     «La prochaine fois que tu m’emmerdes, je vais faire exprès de crever et ce sera bien fait pour toi. »


    Quel pourri. Pour un peu, je me serais presque à pleurer, mais faut pas pousser non plus, je venais juste de remaquiller correctement pour sortir, je n'allais pas tout gâcher pour si peu.


François Poirier est mort, et dans une semaine ou peut-être à peine plus, tout redeviendra comme avant. Sauf bien sûr pour sa famille et ses proches, pour qui rien ne sera jamais plus comme avant et qui se diront en permanence :

     «C’est con : il est parti trop tôt, il n’a pas pu assister à ça. Il ne verra plus ça.

Il aurait bien aimé manger ces côtes de porc. Il aurait bien aimé marcher dans cette montagne.»


Et ça leur fera aussi mal qu’à moi, quand y’a 10 ans, André Agassi a gagné Roland Garros et que je me suis dit :

     «Dommage : il n’aura jamais assisté à la victoire d’André Agassi à Roland Garros. Depuis le temps qu’il suivait ce tournoi à la télé, ça lui aurait plu, ça c’est sûr... »


Parfois, on a vraiment des réflexions qui tuent.

Mais ça veut pas dire pour autant qu’on ne souffre pas, ça ne veut pas dire qu’on est pas triste.
J'ai peut-être pas l'air comme ça, mais
en réalité, je suis drôlement émotive: quand le Docteur Green est mort dans Urgences, j'ai pleuré.

Quand Djack Baoueur a dû tuer Ryan Chapelle dans la saison 1, j'ai versé une larme.

Quand on m'a annoncé que la série "Friends" était terminée, j'ai aussi pleuré.

Mais là, c'était de joie. J'ai réellement jamais pu saquer cette série.

Bref, en fait, si je m'écoutais, je pourrais pleurer tous les jours. (sauf que je le fais pas bien sûr, je n'ai pas que ça à faire de passer mon temps à me remaquiller)


     Il y a 1 mois, par exemple, j’étais dans le métro en face d’un homme à qui je n’avais pas vraiment prêté attention en m’asseyant en face de lui, jusqu’au moment où je l’ai regardé, je l’ai observé, et où je me suis fait cette réflexion suivante:

     «C’est drôle : il lui ressemble un peu... Peut-être qu’il ressemblerait à cet homme aujourd’hui car il aurait pratiquement le même âge. »


Curieusement, je n’avais jamais pensé à ça auparavant, je ne m’étais jamais dit :

«Comment il serait maintenant ? 10 ans après ? »


Je me suis mise à pleurer en pensant a cette idée, peut-être aussi que je m’en voulais d’avoir fait un arrêt sur image, la ressemblance avec l’homme assis en face de moi n’était sans doute pas si flagrante, mais les larmes coulaient toutes seules, et plus je l’observais derrière mes larmes, plus je pleurais.
Je devais être pathétique en vrai. A un moment, l’homme m’a regardée et a dû se dire :

«Mais qu’est ce que c’est que cette connasse qui pleure en face de moi ? »


Je suis descendue de la rame.


Merde. En plus j’avais même pas de mouchoirs.


     Parfois aussi je pleure pour rien. Enfin pas pour rien, parce qu’il y a toujours une raison, mais disons qu’un rien peut déclencher chez moi des larmes. Un rien peut-être, mais n'empêche que c'est un rien qui me touche moi.
La dernière fois que j’ai pleuré pour cette raison, je lisais des blogs, et c'était il y a 2 semaines.


Telle Perrette et son pot de lait, j’allais ce matin là, à grands pas de blogs en blogs, pour satisfaire mon envie de lectures légères et courtes vêtues (comme Perrette).
Après 3 sourires, 1 fou rire et 8 soupirs, je tombai sur un texte assez court, dont le titre retint mon attention.

L’écriture serrée de son auteur, m’incita, comme chaque fois que je le lis, à me rapprocher de mon écran et à me tuer les yeux, au lieu de faire Pomme+ pour agrandir la page, comme n'importe qui doté doté de bon sens ferait habituellement.

Au bout de la 12ème ligne, je sentis des larmes monter toutes seules, et je ne vis plus rien. Je m'essuyais les yeux ... 2 lignes plus loin, elles étaient revenues.

Par chance, j’étais seule : personne en face ou à côté de moi pour se demander : 

     «Mais qu’est ce qui lui prend de chialer devant son écran à celle là? »


J’aurais bien sûr menti, en disant que j’étais drôlement enrhumée ces temps ci, et que je faisais de la conjonctivite, tout le monde m’aurait crue c’est sûr.

J’ai réussi à aller au bout du texte, mais à la fin ça allait de pire en pire.   

     «Ressaisis toi un peu ma pauvre, t’es ridicule. »


Et j’ai repris la lecture du texte dans son intégralité afin de bien tout comprendre, de lire chaque mot... parce que tous ces mots étaient à leur place et me touchaient tous, et plus je les lisais, plus je pleurais.

ça va passer, je me disais... ça va passer...
Mais à la 2ème lecture, ça passait toujours pas, et j’ai recommencé à voir flou en plein milieu des mots.
Et puis à la 3ème aussi.


Ensuite, je me suis dit que ça ne servait à rien d’insister, que je lirais ce texte plus tard, et je suis sortie pour aller fumer des cigarettes.


      J’ai lu ce texte au moins 25 fois, jusqu’à ce que mes yeux soient enfin secs, d'autant plus qu'à la fin, je le connaissais presque par cœur du coup.

Ensuite j'ai imprimé le texte, et je l’ai mis dans le livre que je lisais, en guise de marque page.


Le livre s’appelle justement «Happiness» et c’est un roman qui raconte comment un livre (du style «self help book») peut donner à quiconque qui le lira, la recette infaillible du bonheur... curieusement, la recette fonctionne, tout le monde peut être riche, tout le monde peut être heureux... mais le monde ne tourne plus rond du tout ensuite.

    

     J’en conclus donc qu’il faut avoir quotidiennement sa dose de chagrins et de difficultés pour qu’une certaine vraie idée du bonheur subsiste alors.

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John Mullen 08/03/2010 10:09


En tout cas, François avait beaucoup d'humour - et je crois qu'il aurait apprécié votre billet!


Fremen 18/03/2009 14:42

Il me prend que j'ai pas envie que QUELQU'UN me prenne...

J'avais dit que je me taisais, mais là... ! ! !

: p

C'est vraiment danger chez Spike quand elle est en vacances...

KRiSS 18/03/2009 14:07

Tiens, je pense que je l'ai cette photo.. c'est toi qui va me faire pleurer là, c'était si beau la Baie d'Halong!

draleuq 17/03/2009 23:06

Tu voulais dire "qu'est-ce QUI me prend ?" ;))

Frem 17/03/2009 19:53

Oui, ouiiii, ça va, ça va, je fais mon malin en donneur de leçon, et j'écris savoirt avec un T...

Mais quest ce qu'il me prend ? ? ?

Va savoir !

Allez promis, je me tais