Lundi 5 mai 2008

    A Dakar, j’ai pris des cours de percussions pendant 1 mois certes, mais comme je l’ai dit au début, j’ai aussi failli me marier là bas. Quand je dis «failli» c’est un bien grand mot, puisque le mariage très peu pour moi...
même pour devenir la belle-fille de Doudou N’Diaye Rose.

Wagane et moi, on s’est tout de suite très bien entendu, et du coup, on trainait pas mal ensemble après mes cours. Forcément ça rapproche ! ça rapproche même tellement que je suis même devenue un peu plus que son élève...
    Ai-je besoin de rentrer dans les détails ? Je ne crois pas. Si vous voulez du cul, allez chez cette petite cochonne de Gallïane par exemple !

    Au bout de quelques jours, tout le monde savait donc que j’étais devenue la « petite copine française » de Wagane et on m’appelait « Spike N’Diaye Rose », c’était drôle et ça faisait rire les oiseaux, chanter les abeilles et marrer les enfants.

Un soir, Doudou est venu me voir:

    « Bon alors, vous ne voulez pas rester ici et vous marier avec mon fils ? Vous serez sa 2ème femme ! Et je serai très content de vous avoir comme Belle-Fille !»

Moi, interloquée :

    « Haaaa !!! Mais je ne savais pas qu’il était déjà marié ! Wagane t’es déjà marié ?
- Heu... oui, mais ma femme elle est en Suisse. Avec ma fille. Et tu sais chez nous, on peut avoir jusqu’à 5 femmes.
- HA PARCE QUE T’AS AUSSI UNE FILLE !!!!!!????? Doudou, je suis désolée, moi aussi je serais ravie de vous avoir comme Beau-Père, vous êtes drôlement chouette, mais le mariage... c’est pas trop mon truc vous voyez...»

Doudou reprit :

    « Si vous voulez, on pourra dire à vos parents de venir pour le mariage, on fera une grande fête qui durera 3 jours!
- Oui c’est gentil merci, mais moi j’ai pas vraiment envie de me marier. Et puis je ne veux pas d’enfants non plus. Par contre je veux bien apprendre à fabriquer des sabars. Vous me dédicacerez le mien ? »

Dans ma tête j’imaginais déjà la tableau : mariée ici, habitant dans la même maison que ma Belle-Mère, et toute la famille, faire à manger toute la journée, pondre des enfants et les élever...
NON : c’était pas possible. Impensable même!

    Ok, j’aimais beaucoup être ici, même si je sais que j’aurais pu y rester des mois, jamais je n'aurais pu avoir la vie de ces femmes tous les jours. Parce que bien sûr, une fois mariée, fini ma vie de vacancières en balade à Dakar!

    Je me voyais déjà divorcée dans quelques mois, appelant mon frère pour qu’il vienne me chercher, enceinte du 2ème, et en méga surcharge pondérale à cause du mafé et des noix de coco ...
Comment ça je caricature ? Mais presque pas voyons !

    Wagane et moi avons fait les amoureux pendant 1 mois. Et puis quand je suis partie, il a dit qu’il m’écrirait, et il l’a fait.
Rentrée en France avec mon Sabar, mes baguettes, et mes enregistrements, je me souviens être tombée dans un genre de tristesse qui a duré pendant des mois... un peu comme une dépression post-partum sauf que j'avais pas eu d'enfant et que je ne savais pas ce qu'était une dépression post-partum.
Je ne voyais qu'une solution pour arrêter ça: repartir là bas. Très vite.
Mais je ne l'ai pas fait...

6 mois plus tard, Doudou, Wagane et les autres sont venus en France pour faire des concerts et des master class : j’ai fait 600 kilomètres pour aller les retrouver et assister au stage.
La 2ème fois que Wagane est venu, il jouait près de chez moi donc c’était moins loin.
Etrange de le revoir, lui et toute sa famille, ici en France, des mois après mon passage chez lui.

    Des années après, je me rappelle avec bonheur de cette expérience unique.
J’ai continué à jouer du sabar et du djembé pendant longtemps, j’ai perdu de vue Wagane et les autres, je n’ai maintenant aucune idée de où ils se trouvent tous, j’ai songé repartir à Dakar et aller leur rendre visite, mais ça ne s’est jamais fait.

Et puis j’ai appris à jouer de nouveaux instruments, avec d’autres musiciens, qui avaient aussi leurs histoires à me raconter et humainement c’était passionnant. Presque autant que d'apprendre à jouer.
Chaque fois je réapprenais de nouvelles techniques de jeu plus ou moins compliquées, il fallait apprivoiser un nouvel instrument.

    Dans mes vies prochaines, j’irai apprendre les congas à Cuba, les tablas en Inde, le pandeiro à Rio et l'accordéon diatonique à Le Quiou.

    Non ça c’était une blague : plutôt crever que d'apprendre à jouer de l'accordéon diatonique.

Et pourquoi pas du trombone avec Carole tant qu'on y est?

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Samedi 3 mai 2008

    Pour ceux qui ne savaient pas ce qu'étaient le sabar, j'ai trouvé une video de l'enregistrement de l'album de Doudou et sa famille sur la magnifique Ile de Gorée.

(son et image pas terrible mais ça donne au moins une petite idée de l'ensemble)





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Mardi 29 avril 2008
      
    J’allais donc recevoir 3 heures de cours chaque matin, et pour moi c’était le bonheur. Des profs pour moi toute seule et des cours au soleil sur le toit de la maison !

Quand au bout de 3 cours je suis rentrée avec les bras et les jambes écarlates, j’ai moins fait la maligne, et le lendemain j’ai demandé si on pouvait continuer les cours dans la maison, et bien à l’ombre...

    Forcément ça les a fait marrer :
« Ah ces toubabs et leur peau fragile.... »

    Le premier jour, Omar m’a demandé de lui montrer ce que je savais faire sur un djembé.
Même si je jouais depuis longtemps, j’étais plutôt intimidée mais j'ai joué.

    « Mais c’est pas mal pour une fille... BLANCHE ! »

HA MERCI CA COMMENCE BIEN !

Je lui ai pas dit qu’en plus d’être blanche, j’étais à moitié jaune, et que j’avais aussi une arrière grand-mère martiniquaise mais que là, ça se voyait pas.

    « ... je suis là pour apprendre... te moque pas ! (c'est moche de se moquer...)
-    C’est quoi ça ?
-    J’ai emmené de quoi enregistrer les cours et écrire comme ça, tu me montres, j’enregistre, j’écris, je lis, et on peut jouer ensemble tout de suite : pas de perte de temps.
-    Ah mais vous les blancs, vous avez besoin d’écrire la musique ! Nous on a tout dans la tête !
-    Oui... c’est un peu normal en même temps, toi t’es né dans un tambour ! Tu connais tout par cœur depuis que t’es petit ! J’ai moins de mémoire que toi, c’est pour ça que j’ai appris à écrire ! »

    Wagane et Omar m’ont encore regardée, amusés:
    « Ha ces toubabs alors... »

  Mais ils se sont rendus compte qu’en effet, en écrivant les rythmiques qu’ils me jouaient, les cours avançaient beaucoup plus vite. Le soir, j’écoutais ce que j’avais appris, et je travaillais tout dans ma tête pour le lendemain.

    Quand je pense que même à l’école je n’avais jamais été aussi sérieuse....

    Le 3ème jour, j’ai vu le Maître : Doudou N’Diaye Rose était un vieux monsieur qui avait l’air d'un jeune homme avec des yeux malicieux.
Je l’avais imaginé austère et immense, il était en réalité tout petit et plein d'humour.
J’étais très intimidée, mais il m'a tout de suite mise à l'aise.

    "Bienvenue à vous, sachez que tout ce que mes fils vont apprendront, c'est moi qui le leur ai enseigné, ils sont de très bons professeurs! Restez manger avec nous ensuite, et venez au spectacle cet après midi."

    En France, au Japon et ailleurs, Doudou et sa troupe se produisaient sur des scènes, dans des festivals ou des théâtres, à Dakar, il y avait tous les jours des évènements, que ce soit dans la rue où chez les uns ou les autres, des baptêmes, des fêtes, des anniversaires...

Les femmes et les filles de Doudou étaient « les Rosettes », et dansaient, pendant que les hommes jouaient du sabar.

    Après mes cours, je restais souvent manger avec tout le monde, et l’après midi, j’allais me promener dans la ville. Tout était nouveau pour moi, et j’aimais regarder les gens vivre... j’étais déjà loin de ma vie en France, et le moins que l’on puisse dire, c’est que rien là bas ne me manquait.
Je vivais une vraie coupure dans ma vie et ça me plaisait déjà.

    La première fois que j'ai vu Doudou et sa troupe se produire dans la rue, j’ai été impressionnée par la beauté de ses femmes qui dansaient et l’énergie dégagée par l’orchestre. Une foule immense formait un demi cercle autour d’eux, parmi elle pas un seul touriste... sauf moi qui faisait office de tache (blanche)

    J’ai ainsi découvert le tambour sénégalais : le sabar. A la différence du djembé que tout le monde connaît, le sabar se joue avec une baguette et la main, sur une surface beaucoup plus petite que sur la peau d’un djembé.

Dans la semaine, Omar m’a proposé :

    « Le djembé, tu connais et tu sais jouer, en France, tout le monde connaît : tu veux que je t’apprenne à jouer notre instrument du Sénégal, le Sabar ? Ce serait beaucoup plus intéressant pour toi et tu pourrais jouer avec nous. »

    Bien sûr que je voulais apprendre à jouer d’un nouvel instrument ! Dès le lendemain, je commençais l’apprentissage des rythmiques de sabar et des morceaux que Doudou jouait. Omar me faisait apprendre toutes les parties, et ensuite nous jouions tous les trois la pièce.

    Je ne compte pas le nombre de fois où lorsque je ne regardais pas mes mains au début,  la baguette a atterri avec violence sur mes doigts ... pire qu’une punition d’écolier cet instrument !

    « C’est normal, tout le monde fait ça au début, il faut juste que tu t’habitues à frapper au bon endroit!»

Peut-être... mais en attendant, j’avais les doigts de la main droite qui étaient morts...


par Spike publié dans : My real life
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Dimanche 27 avril 2008
    Il y a longtemps, je suis partie au Sénégal. Pour faire comme les Martin Circus. (mais si, souvenez-vous enfin).
Le moins qu’on puisse dire, c’est que j’ai réussi : j’ai même failli devenir la 2ème femme d’un fils de griot.

    J’avais décidé de partir là-bas non pas pour des vacances au soleil, mais uniquement dans le but de perfectionner mon jeu de percussions, parce qu’au bout de 10 ans avec le même professeur, je me suis dit qu’il était temps de lui faire une petite infidélité et d’aller voir ailleurs.

    Quand j’ai demandé à mon ami de Dakar s’il pouvait se charger de me trouver un professeur, il m’a trouvé le meilleur. Et quand je dis « le meilleur », ce n’était pas peu dire : il a appelé la Star des Griots du Sénégal pour moi.

Un peu comme si I Muvrini avait dit ok pour filer des cours de chant corse au premier venu sur un simple coup de fil.
Enfin au Sénégal ils sont beaucoup moins show bizz.

« Spike, tu vas aller chez Doudou N’Diaye Rose pour prendre des cours tous les jours pendant 1 mois. »

J’ai fait :
    « Houuuurraaahhh ! »

    Comme Dora l’exploratrice (qui n’existait pas encore) et je suis partie à Dakar quand j’ai eu suffisamment d’argent pour me payer le voyage et un mois de cours.

    6 mois après, j’arrivais à Dakar avec mes couettes et mon sac à dos. Dès le lendemain, on m’emmenait dans une des maisons de Doudou N’Diaye Rose pour rencontrer mes professeurs, car en fait, ce n’était pas avec lui que j’allais prendre les cours, mais il passerait régulièrement voir comment je progressais. Après tout, c’est lui qui avait enseigné à toute sa famille, donc ça revenait presque au même.

    Arrivée dans le quartier de Vieux Dakar, quartier pas du tout touristique, je n’étais pas très à l’aise parce que tout le monde me dévisageait comme si j’étais une touriste égarée... bon ok, c’était un peu ça.

    Devant la maison, un jeune homme m’attendait :

    « Bonjour, je suis Omar, c’est moi qui vais te donner des cours pendant 1 mois.
-    Enchantée, moi c’est Spike. Je viens de France.
-    Je suis le mari de la 4ème fille de la 1ère femme de Doudou N’Diaye Rose, et ici, toute la famille joue les percussions. »

Dans ma tête je réfléchis et j’essaie de situer qui il est...

    « Là nous sommes dans la maison de la 2ème femme de Doudou. Parce qu’il a 5 femmes. Mais elles sont chacune dans une maison bien sûr, sinon ça ne se passe pas très bien.
-    Ha !
-    Et lui c’est Wagane, il va aussi assister aux cours et nous accompagner pour faire les rythmique complètes et les morceaux qu’on va t’apprendre.
-    Bonjour, je suis la fils de Doudou et de sa 2ème femme.
-    Donc ... Omar c’est ton oncle c’est ça ? Non, ton beau frère ?
-    Heu en fait, on dit tous qu’on est cousins comme ça c’est plus simple.
-    Ha ! »

J’ai donc commencé par faire connaissance de toute la famille de la 2ème femme de Doudou, les filles, les fils, les cousines... certains avaient même des noms bizarres.

    « Bonjour moi c’est Bassine.
-    Bassine... Bassine comme une Bassine ? C’est original comme prénom...
-    Bonjour moi c’est Abdulaye Mohamed Babacar N’Diaye mais on m’appelle Abdou. Je suis le petit frère de Wagane, j’ai 9 ans.
-    Même mère alors ?
-    Ha non : moi je suis le fils de sa 4ème femme, mais c’est mon frère quand même.
-    Mais tu habites là ?
-    Des fois oui, des fois non...
-    Et Doudou il a combien d’enfants ?
-    Une trentaine au moins... »

Bon... déjà j’allais m’efforcer de retenir les prénoms de mes professeurs et de quelques autres, je ferais connaissance de toute la famille un peu plus chaque jour...


par Spike publié dans : My real life
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Vendredi 25 avril 2008

    Parce qu'il est temps de parfois dire Halte au Gag, pour reprendre les termes de mon copain Marcus, voici deux photos pas top d'endroits très jolis en vrai.
  
Ce sont mes endroits préférés au monde.

J'ai attendu des millions d'années avant d'y aller. Et j'exagère à peine.

C'est dommage, c'est un peu plus loin que le Quiou, donc y faire un saut tous les week-end (même un long) c'est pas trop possible.

Il faudrait que je songe à me trouver un autre endroit préféré au monde, mais plus proche.

Le bar PMU en bas de chez moi par exemple.







par Spike publié dans : My real life
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Mercredi 16 avril 2008

    Le dernier jour du concours, il y avait l’épreuve d’analyse musicale.

Qui n’allait bien entendu pas porter sur l’analyse d’une chanson de Francis Cabrel ou un blues en Fa parce que ça aurait été trop facile.

Faut pas pousser non plus, nous n'étions pas à l’école des Fans, tout le monde ne gagnerait pas.

 

     Quoi que : l’analyse d’une chanson de Cabrel n’est pas forcément à la portée du premier éleveur de moutons venu, et n’allez pas me faire dire ce que je n’ai pas pensé, je n’ai rien contre les éleveurs de moutons.


     Si ce n’est tout de même qu'ils pourraient se garder de déranger leurs bêtes et le promeneur solitaire, en faisant résonner du Francis Cabrel dans toute la vallée sur leur Nokia MP3G.


     Je m’étais durement préparée à cette épreuve. Encore plus que pour celle de la création musicale où de toute façon il n’y avait pas de préparation possible.

 

« Durement préparé » signifiant: j’ai acheté un « Que sais-je ? » (puisque justement je ne savais rien du tout) intitulé : « Les formes de la musique » puisqu'il semblait que c'était grâce à ce livre que tout le monde trichait à cette épreuve...

J’ai donc appris par cœur ce qu’était une sonate, un concerto, une symphonie, un rondo etc… etc…


Quand je vous dis que je suis une véritable escroc ...

 

Tout ça bien sûr en écoutant en boucle les derniers albums d’André Rieu et de Rondo Veneziano pour me mettre dans l’ambiance.

 

     N’ayant pas une culture musicale classique de folie, j’étais sûre de me planter à cette épreuve… mais j'allais trouver le moyen de faire illusion ...


Ha oui, j’ai pas fait le conservatoire je m’excuse hein ! Mais en même temps, ceux qui sont allés au conservatoire n’ont jamais joué et écouté guère que de la musique classique et puis d’abord, moi je m’en fous, moi j’ai un autographe de Michel Petrucciani et de Chick Corea.

Peuvent ils seulement se targuer, eux, d’en avoir un de Richard Clayderman ou de Franz Liszt ?

Alors s’il vous plait je vous en prie.

 

      Le jour de l’épreuve, je sentais cependant que la chance était de mon côté.

Je rentrai dans la salle où se trouvaient Madame la Vieille Connasse et  Monsieur Le Proxénète.

 

    « Bonjour, alors nous allons vous faire écouter un extrait musical et vous allez nous dire tout ce que vous pouvez sur ce que vous entendrez dans cet extrait, en essayant d’être le plus précise possible… vous avez droit à 3 écoutes. »

 
     Première écoute : mais qu’est ce que je fous là … tiens elle a des poils au menton la vioke…      
    Deuxième écoute : c’est quoi ce truc ??? Une symphonie ??? Je me rappelle plus… La vache elles sont moches ses chaussures au proxénète…
    Dernière écoute : c’est chiant en fait : ça manque carrément de guitares saturées

 
    « C’est à vous… à votre avis, de quand datez vous l’œuvre que vous venez d’écouter ?

- … »

 

I have NO fucking idea !!!!!!

 

    « Heu… je dirais (mais alors COMPLETEMENT AU HASARD) du 18ème ???...

- Très bien ! C’est ça ! Continuez…

- Heu… sinon je dirais que … ben y’a des cordesy’a des flûtesun piano(mais y’a pas de guitares saturées…)

 C’est un concerto ?????…

- Oui… et l’extrait que vous avez entendu, c’est quelle partie à votre avis ? »

- Je dirais… heu… Le rondo ??? »

 

    J’avais presque tout dit au hasard bien entendu, (enfin sauf pour les cordes et les flûtes) avec autant de conviction que quand j’avais juré à mon ex que  non, non, il ne s'était absolument rien passé avec son frère…  (en même temps j’y peux rien si ton frère il était mieux que toi connard) les deux jurés souriaient à chacune de mes réponses tellement ma nullitude en la matière dégoulinait de partout…

 

Mr Proxénète me demanda :

 
    « A quel moment entend-t-on un changement d’ambiance ? »

 

Et là, je répondis le truc le plus honteux du monde.


Avec un aplomb déconcertant.


    « En fait il n’y a pas de changement d’ambiance : on s’attend à entendre des guitares saturées, mais elles ne viennent (hélas) jamais. Du coup, l’ambiance reste identique et c’est plombé. »

 

 

Non je déconne, j’ai pas dit ça.

J’ai dit un truc pire.

 
    « Pour moi, quand le bugle intervient, au loin, tel le cor le soir au fond des bois, alors on a un vrai changement de tableau. »

 

Mr Proxénète m’examina en écarquillant les yeux :

Sérieusement, si j’avais parlé de l’absence des guitares saturée il ne m’aurait pas regardée avec autant d’étonnement.

 

         « Vous avez bien dit : « BUGLE » ?

- Oui. C’est ça. J’ai dit « BUGLE ». Pourquoi ?

- Vous avez entendu du BUGLE ?????

- … Ben… voui quoi yapadbugle ???

- MAIS VOUS ETES CERTAINE DE CE QUE VOUS DITES ???????? Comme c’est bizarre !

- … 

- C’est votre dernier mot ???

- … heu… uuuii… non meeeerde !!!!! »

 

La consternation s’afficha  sur son visage et celui de la Vieille Connasse.

Je sentais bien que j’avais dit un truc énorme, mais je ne savais pas comment me rattraper.

        

         « Mademoiselle… au 18ème siècle…  sachez que le Bugle n’existait pas encore… 

 

HOLAHONTELAHONTELAHONTELAHONTE !!!!!!

 

 

… Qui plus est c’est un instrument utilisé en jazz et pas du tout dans ce genre de musique …»

 

Du coup, j’ai joué à la fille très sûre d’elle qui avait perdu la raison mais qui venait de la retrouver comme par miracle :

 

         « HO MAIS MON DIEU Où DONC AVAIS JE LA TETE ENFIN !!!!!


Je n'emploie jamais cette expression puisque je ne suis qu'une mécréante de bas étage. Par conséquent invoquer le Seigneur dans des circonstances pareilles relève de l'hypocrisie la plus totale, mais Dieu me pardonne et les vaches seront bien gardées.


Oui bien sûr…  c’est juste que j’avais en tête un morceau de Chet Baker, et tout ça m’a déconcentrée parce que j’en écoutais avant de venir, et du coup j’ai pensé « BUGLE » au lieu de « TROMPETTE » , mais peut-être que Chet Baker il a avait entendu ce morceau et qu’il a été très inspiré… et blablabla…

Mais bien entendu je voulais dire « trompette », je le sais très bien que ça n’existait pas… blablabla… 20ème siècle… blablabla… enfin voilà vous êtes tatillon tout de même, le bugle descend de la trompette on va chipoter sur 1 siècle ou deux... blablabla ... »

 

         Je me suis lancée dans une explication peu concluante qui m’a fait perdre toute crédibilité, il était donc grand temps que l’épreuve se termine.

 

         « Bon et pour finir, avez-vous une idée de qui pourrait être le compositeur de cette œuvre ? »

 

Là, je tentais le tout pour le tout. Toute façon, j’étais déjà ridiculisée, donc allons y. Toujours au hasard, je balançai un :

 

         « Je dirais… Mozart ? 

- Oui c’était bien du Mozart, bravo Mademoiselle ! Vous l’avez dit au hasard comme tout ce que vous avez dit depuis 20 minutes ? ou vous saviez ?

- Heu… non pas du tout, je savais... mentis-je éhontément, j’ai le 33 Tours à la maison c’est pour ça… je connaissais déjà… en plus ça m’a fait penser au film… vous savez… « Amadeus »… blablabla… (bon allez va-t-en maintenant !!!!) »

 

 

Ouais vous pouvez rire si vous voulez, n’empêche que j’ai été reçue à ce concours pourri, et en septembre, j’ai intégré le Château de Dammarie Les Lis la formation avec 16 autres personnes, et ça a été les 2 ans les drôles de toutes les études que j'avais pu faire auparavant.

 

(enfin si on veut...)


 

par Spike publié dans : My real life
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Mercredi 9 avril 2008


    L’épreuve de ce concours que je redoutais un peu était celle de la création musicale avec thèmes imposés. Il s’agissait de faire une petite pièce musicale de 5 minutes environ, et d’être capable de diriger les musiciens, tout en tenant compte de l’orchestration disponible sur place : traduisez par : les élèves de l’année précédente et leurs instruments respectifs qui servaient de cobayes pour les futurs étudiants qui passaient le concours d’entrée.
En gros, si la promo était composée de 9 pianistes, un joueur de pipeau et 3 violoncellistes sourds il fallait se débrouiller.
  
 Génial.

Une demie heure pour préparer la pièce.
Quand je suis arrivée dans la salle, j’ai vu la première feuille sur laquelle il y avait:

-    un poème débile
-    une séquence rythmique
-    des dessins à la con
-    une mélodie sans aucun sens
-    un truc que j’ai pas compris

Mouais.

Y’a des candidats qui se servent des nuages et des poissons pour inventer un truc ?
Ceux qui viennent passer les épreuves sous champis alors ? Manque de chance pour moi, ce jour là j’étais clean.


    J’examinai ensuite la liste des instruments disponibles pour la création. Il y avait :


-    2 violonistes
-    4 altistes
-    1 guitariste
-    4 pianistes
-    1 saxophone alto
-    1 contrebassiste
-    4 flûtes traversières
-    1 joueur de bombarde

Et tous étaient sensés aussi pouvoir chanter et jouer des percussions (du moins, savoir faire "shpouk shpouk" sur des claves ...)   Enfin des trucs pas trop compliqués du moins...

MAIS C’EST QUOI CETTE ORCHESTRATION DE MERDE ! CA VEUT RIEN DIRE UN TRUC PAREIL !

Il fallait montrer sa créativité en faisant un milk-shake de tout ça ???


Je vous jure, c’est con les concours... c’était bien le dernier que je passais de toute ma vie...

    C’était un peu comme si on m’avait collé dans une cuisine avec 2 pots de confiture de myrtille, du foie de veau, 3 ailes de poulet, 12 salsifis, des rillettes, une noix de coco, 2 navets, du chocolat et 9 crêpes surgelées Picard, et qu’on m’avait dit :

« Débrouille toi pour nous faire un festin avec tous ces ingrédients sans en oublier un seul !!! »

N’importe quoi... n’importe quoi...

    J’ai failli me barrer de la salle.
D’ailleurs, c’est ce que j’ai fait. Mais un ami qui m’accompagnait m’a forcée à rentrer de nouveau.

J’ai donc choisi de m’inspirer de la formule rythmique pour construire ma pièce.

    Déjà, d’entrée de jeu, j’ai décidé que le mec qui jouait de la bombarde, j’allais lui faire tenir une rythmique avec des shakers.
Ça lui apprendra, il avait qu’à pas faire de la bombarde ce con.
Bien fait pour lui.

Il était tout simplement hors de question qu’il me plombe la pièce avec son instrument de merde qui allait couvrir tout le monde.

Oui : le bombardiste (ou le bombardeux), à l’instar du guitariste de rock qui n’a toujours pas compris que le bouton « VOLUME » de son ampli pouvait se régler, joue très très fort.

Mais à sa décharge, c’est aussi l’instrument qui veut ça.
Contrairement au guitariste ce connard, qui lui, fait rien qu’à jouer fort juste pour casser les couilles de ses voisins et de ses parents.

    Les altistes non plus ne joueront pas.

Toute façon c’est bien connu, les altistes ne sont que des violonistes frustrés qui ne savent pas jouer juste. Sinon pourquoi ils auraient choisi d’apprendre à jouer de l’alto hein ?
Bande de nases.

    Les flûtes traversières, elles sont trop nombreuses.
Et puis tiens, je vais pas m’embêter, elles joueront toutes la même chose à des voix différentes.


    Sur les 4 pianistes, seul celui qui saura jouer de la salsa restera. Si sur les 4 aucun ne sait jouer de la salsa, alors ils prendront des petites claves et ils feront « clav clav clav » tous en chœur en récitant l’alphabet à l’envers en brésilien.

    Au bout de 20 minutes, j’avais presque rien fait. Du coup, j’ai griffonné je sais plus quoi sur la feuille et advienne que pourra Dieu pour tous et tous pour un que le pouvoir du crâne ancestral soit avec moi amen.

    Quand j’entre dans l’arène, 44 yeux se posent sur moi.
Il y a tous les élèves de l’ancienne première année et presque le même jury que la dernière fois: la Vieille Connasse, le mec qui ressemble à un proxénète et celui qui a une tête d’équarisseur.
Et il y a une vioke aussi. Qui a une tête de Mère Supérieure pas commode.


    « Bonjour... alors j’ai choisi de me baser sur la figure rythmique... comme j’ai vu que tout le monde pouvait jouer des percussions, alors ma pièce sera très... heu... percussive... voilà...  heu... je peux écrire au tableau ???
- Mais faites comme chez vous ! me dit la Vieille Connasse, nous somme toutoui ! »

Chez moi je me balade avec une cape de Batman sur le dos. Pas ici. Je ne peux donc pas faire tout comme chez moi grognasse.

    Après avoir écrit une au tableau les différentes parties pour que tout le monde voit clair, j’annonçai l’instrumentation :

    « Qui est le joueur de bombarde ? »

Un mec d’au moins 38 ans lève la main et annonce avec un grand sourire :

« C’est moi !!!!!
- Bon alors toi tu feras la rythmique au shaker, en doubles croches et tu essaies de la faire tourner comme ça, (je lui montre) en accentuant uniquement la 4ème double, ok ?
T’as tout de même pas cru une seconde que je t’avais préparé une partie de bombarde abruti !

Alors les autres : toi tu vas faire ça, toi tu fais ça, toi ça... etc...etc...
Heu... le joueur de bombarde, c’est possible que tu accentues un peu plus la 4ème double? Oui mais n’accélère pas pour autant patate ! »

Bon allez, je laisse tomber, toute façon on a pas le temps.

Moralité : ne jamais espérer d’un joueur de bombarde qu’il puisse jouer autre chose que de la bombarde dans un bagadou au Fest Noz de Ploëmeleuc ou Plougastel-Daoulaz.


    Sinon, je remarquai que le saxophoniste était particulièrement beau gosse.
Dommage que je ne sois pas dans sa promo... Si je suis prise à ce concours, y’a intérêt qu’il y ait des mecs potables dans ma classe, sinon je me casse.

Je suis pas là non plus pour me faire des potes, faut pas déconner.

    « Hum, hum... bon, tout le monde est prêt, je pense qu’on peut commencer... »

Grand sourire du jury qui visiblement fait tout pour mettre à l’aise les candidats.

    Et là, je constate avec horreur que le mec qui a une tête d’équarisseur a un air particulièrement vicieux avec ses cheveux jaune, son sourire en coin, ses petits yeux de fouine qui me dévisagent de bas en haut, mais pas QUE au niveau du haut et du bas du visage si vous voyez ce que je veux dire...
Mais quel pervers ce mec !

    Plus tard, j’apprendrai qu’il essayait tous les ans de se taper une des élèves de la promo... et devinez sur quelle élève de la promo il avait décidé de jeter son dévolu l’année suivante ?

Non, non, non : ce n’était pas la grosse tromboniste arythmique dépourvue d’odorat dont je donnais le nom et l’adresse aux contrôleurs quand je me faisais choper sans ticket dans le bus.
Je le raconterai un jour peut-être.

    Bref, cette épreuve abominable ne s’est pas vraiment passée comme je l’avais imaginée parce que le type avec sa tête d'équarisseur me stressait bien comme il fallait et que les deux tiers des cobayes ont eu un mal de chien à jouer correctement ce que je voulais comme je voulais.
En même temps j’allais pas leur en vouloir, la plupart sortait tout droit du conservatoire...

    La blague c’est tout de même que j’ai une fois de plus passé les épreuves de ce 2ème jour.
J’ai toujours pas compris comment...

    Les autres candidats avaient dû être encore plus mauvais que moi, je vois que ça.


  
par Spike publié dans : My real life
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Jeudi 3 avril 2008
    
Hier soir y’avait la Nouvelle Star.

    Moi j’adore la Nouvelle Star, parce qu’on y voit plein de gros nases, mais que dans le tas, il y en a quand même des bons.
Ceux qui ont pas fait la Star Ac’ parce que ça c’est la misère de devoir se farcir Kamel Ouali et Pascal Nègre dans le jury.

    Le jury de la Nouvelle Star lui il est chouette (sauf Lio et Dove Attia) et quand il trouve qu’un candidat est nase, les mecs prennent pas de gants et lui disent des trucs du genre :

    « Bon ben toi avec ton sens du rythme proche de celui d’un moniteur d'auto école qui jouerait au foot avec un ballon de basket, je pense que tu devrais songer à te reconvertir dans autre chose. La maçonnerie par exemple. Mais oublie la musique, c’est pas pour toi.»

    Et là le candidat il comprend pas la décision du jury, parce que toute sa famille lui dit depuis 15 ans qu’il a trop de talent, et ses copains (qui doivent être sourds) aussi, alors il fait du chantage en disant que puisque c’est comme ça il va arrêter ses études (ou son boulot de jardinier Cotorep de son bled, de brancardier, coiffeuse etc...) et tout le monde sera passé à côté d’un immense talent.
Des fois aussi il va se suicider dans un coin comme une rock star qu’il ne sera jamais.

C’est super marrant.

    Parfois, comme hier soir par exemple, il y a des candidats qui choisissent vraiment trop mal leur chanson. Je pense par exemple à la pauvre niaise qui a chanté du Vanessa Paradis et qui s’est fait éliminer tout de suite après.
En même temps elle aura qu’à réviser son bac pour le louper en juin.
Et puis toute façon je l’aimais pas celle là.

En fait cette année j’aime personne.

    Sauf ce petit con arrogant de Jules.
Et la Amandine.
Ceux là ils savent "interpréter" de la musique...
Les autres...
Les autres quoi.

    N’empêche que je rigole, je rigole, mais je les admire tous ces gens qui font des Casting et qui en plus osent passer à la télé, parce que chanter devant du monde, passer un concours, et bien c’est super dur en vrai.

Ça m’a rappelé une des rares fois de ma vie où j’ai passé un concours parce que je savais plus quoi faire de faire de ma vie.
ça m'a gavé tiens.
Non j’aime pas les concours. C’est d’ailleurs pour ça que j’en ai pas passé des masses.

    La première fois que j’en ai passé un, j’avais 12 ans, c’était un concours de piano qui avait lieu Salle Gaveau à Paris, même que je venais de province juste pour ça.
J’avais "oublié" d’emmener des pompes potables et j’y suis allée en baskets crades et en jean noir.
La honte.
Ma mère m’en reparle encore. Un acte manqué elle me dit. Elle pense que je l'ai fait exprès.
Elle a peut-être pas tort...

Surtout que tous les autres candidats ils étaient habillés en dimanche comme s’ils allaient à la messe.
J’étais écroulée.
M’en fous j’ai quand même été super bien classée à défaut d’avoir des fringues classes.

    Il y a longtemps, à une époque où je ne savais plus du tout quoi faire de ma vie donc, je suis restée pendant un mois entier sans sortir de chez moi, même pas pour aller dans le jardin, même pas pour aller voir mes potes. La looserie complète.
J’errais dans la maison avec une couverture bleue sur le dos en me nourrissant essentiellement de Miel Pops et en jouant du piano assise.
Toujours avec ma couverture.
Le jour où mon petit frère (11 ans à l’époque) m’a demandé pourquoi je jouais à faire Batman (rapport à la couverture je suppose) j’ai décidé qu’il était temps de me prendre en main.

J’ai vu dans le journal une petite annonce pour intégrer une formation musicale.
Tiens, c’était parfait pour moi ça...  C’est quand les inscriptions ? C’est sur dossier ?
Ha merde, c’est sur concours.
Et y’a 3 jours d’épreuves.
Re-merde.

Je regarde les épreuves :

Dictée musicale et rythmique : ça c’est ok
Accompagnement harmonique : ça c’est ok
Présentation d’une pièce avec notre instrument : ça c’est ok aussi.
Création d’une pièce musicale avec thème imposé : je vais me débrouiller
Histoire de la musique : je vais tricher
Entretien de motivation : salut chui super motivée et mon petit frère en a marre de me voir en Batman qui branle que dalle à la maison donc laissez moi intégrer cette putain de formation merde.
Chant : QUOI ???? DU CHANT!!!!

MAIS C’EST QUOI CE PUTAIN DE PIEGE???!!!???...


Je suis pas CHANTEUSE bordel! J'ai toujours mal à la gorge toute façon.
Tiens je vais dire ça le jour du concours.

Panique à bord. En plus ça fait partie des épreuves du 1er jour.

« Allo Gaby ? (c’était mon super pote de musique) En fait je passerai pas le concours. Faut chanter.
- Si tu le passeras !
- Nan.
- SI !
- Mais je connais aucune chanson bordel !
- Mais si tu peux chanter ! Qu’est ce que tu sais chanter ?
- … alors… là comme ça ??? Je connais par cœur : « la Isla Bonita » de Madonna, «Porcherie» des Béruriers Noirs,  «Overjoyed» de Stevie Wonder, et «Can it be done» de Weather Report.
C’est tout.
- Bon, je t’arrête tout de suite, “la Isla Bonita” et « Porcherie » ça va juste pas être possible pour le concours.
- Ha bon tu crois ? Essayons les autres alors… MAIS MERDE J’AI PAS LES GRILLES !
- Aucun souci ! Je suis là ! »

Et tchak, tchak, tchak, mon pote Gaby qui entend tout parce qu’il a une oreille bionique m’a recopié les grilles des deux morceaux en 5 temps et 3 mouvements.
Wonderfoul.

« Bon allez, maintenant va bosser ».

    A l’époque, la Star Ac et la Nouvelle Star, ça n’existait pas encore.
Autrement, on aurait peut-être été aussi obligé de présenter une choré en même temps que la chanson, et merci, mais entre la danse et la musique, moi ça faisait 10 ans que j’avais choisi mon camp et que j’avais décidé d’arrêter de bouger mon cul en compagnie d’un troupeau de connasses en jambières et en justaucorps.

Si y’avait eu des émissions comme la Nouvelle Star à l’époque, vous pensez bien que je n’aurais eu aucun mal à passer ce casting concours. Je me serais entrainée toute l’année devant ma télé en chantant des conneries avec ma brosse à cheveux.

Et je me serais pointée devant le jury en disant :

    « Bonjour, je vais vous interpréter « Sunny » de Christophe Willem. »
Ou encore :
    « Je vais chanter « Je suis malade » de Lara Fabian. »

Et le jury m’aurait regardée avec des yeux ronds et il m’aurait dit :

« Mademoiselle vous dégagez sur le champ. Ici, on veut des gens avec un minimum de culture musicale.»

Le jour de cette épreuve, j’étais verte de trouille parce que chanter, je l’avais jamais fait de ma vie devant personne.
Même pas devant moi.

AH PARDON MAIS MOI JE M’APPELLE PAS CINDY SANDERS  !


En attendant mon tour, j’entendais les candidats avant moi qui chantaient: alors il y avait un lied de Schubert, une chanson de Georges Brassens, un air d’opéra à la con, "Amazing Grace", "Puissance et Gloire"...

La vache! Ils avaient chanté toute leur vie ces gens là c’est dingue !

Je suis arrivée dans la salle et j’ai dit:

    « Bonjour je vais vous interpréter « Can it be done » de Weather Report. »

Le jury était composé d’une vieille connasse acariâtre pour qui la musique avait dû s’arrêter en 1790, d’un mec qui se prenait pour Richard Gere et qui ressemblait à un proxénète, d’un type qui me faisait flipper avec sa tête d’ équarisseur de veaux morts et d’un autre qui avait l’air à moitié à l’ouest, mais c'était normal lui c' était pianiste de jazz.

La vioke elle m’a regardé à travers et elle m’a demandé :

    « Vous avez besoin que notre pianiste vous accompagne ? »

Je me suis tournée vers la pianiste qui avait l’air d’avoir bouffé une autruche et son balai à récurer les chiottes et j’ai dit :

    « Non c’est bon je vais m’accompagner toute seule. »

Je me suis donc installée en tremblant comme une parkinsonienne et j’ai chanté ma chanson.

Bon, je sais qu’il n’y a pas un lecteur ici qui la connaisse cette chanson, mais croyez moi, elle est magnifique.
Encore plus belle que « L’encre de tes yeux » de Francis Cabrel, quoi que dans un autre style parce qu’il y a des harmonies qui peuvent arracher les oreilles sensibles de certains, mais moi j’aime bien.
D’ailleurs elle est tellement belle que j’ai failli me mettre à chialer en plein milieu.

Nan j’déconne.

A la fin, j’étais contente d’avoir terminé, et la vioke elle me fait :
« Attendez partez pas, maintenant, vous allez nous interpréter votre morceau... au piano je suppose ? »

Ben non connasse, j’ai apporté ma cornemuse.

« Heu... oui... alors je vais jouer « So What » de Roni Jordan (huhuhu) « Le boléro de Ravel » de Claude Debussy. »

En fait je me souviens plus de ce que j’ai joué et ça n’a pas d’importance, mais quand ce fut fini, j’étais drôlement soulagée.

    Aujourd’hui, je ne sais pas comment se passe ce concours. Je me demande si le jury appuie sur un bippeur qui fait de la lumière rouge ou bleue, et s’ils distribuent des papiers en disant
« Wééé c’est super ! Toi on te veut sur la scène de l’audiorium de la Fac de musique tu déchires quand t’interprètes Bartok et Sherifa Luna !!! »

    Le soir, j’ai attendu jusqu’à 17h pour voir si mon nom était sur la liste affichée sur la porte.
Et j’y étais !

C’était pas gagné, il me restait 2 jours d’épreuves... le reste était pas triste non plus...

    C’est con les concours je vous jure.


par Spike publié dans : My real life
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Mercredi 12 mars 2008
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    Cet article s’adresse à toutes les personnes qui avaient encore des doutes sur le fait que j'avais vraiment eu des ennuis à cause de mon ancien blog (voir le 1er post de celui-ci) et qu'une connasse avait lâché les huissiers sur moi un mercredi matin alors même que je venais à peine de me lever.

    Parker Lewis, ledit huissier, est venu m'apporter la sommation interpellative que vous trouverez ici même. (attention, y'a matière à rire)
Bien sûr, j'ai changé les véritables noms (qui de toute façon étaient ridicules).

Je me suis permis de donner le nom d'un de mes personnages de films préférés à l'un des protagonistes: oui, James Dalton n’est pas une référence à Lucky Luke, mais au héros improbable de "Road House", est des films les plus improbables et les plus nuls du monde, à tel point qu’il en est génial, du coup.

    Bref, je dois dire qu’en voyant mes propres conneries retranscrites par bribes sur un papier officiel apporté par un des compatriotes de Maître Nadjar, je n'étais pas peu fière.

    Quand j'ai su par des aveux de Parker Lewis (même pas arrachés sous la torture) que j'avais réussi à faire - je cite - "mourir de rire pendant une semaine" tout le cabinet d'huissiers qui avait dû se taper tous mes articles un par un pour bosser sur mon cas, j'étais encore plus fière de moi.

   Alors à l'heure qu'il est, et plus de 4000€ dépensés en frais d'huissiers et d'avocats (pas pour moi je vous rassure, mais pour la personne qui m'accuse de diffamation) je n'ai toujours pas reçu de "convocation" ou autre chose provenant d'un tribunal quelconque.

    Presque 5 mois après le début de cette affaire, je me suis dit qu’il était peut-être possible, à présent, de raconter la vérité ici, sans que je craigne grand chose. Je n’ai pas pu le faire avant parce que mon accusatrice a cherché activement, et ce pendant longtemps, si oui ou non j’avais rouvert un blog ailleurs, et lancé ses chiens de gardes (ses employés) à ma poursuite en les encourageant à me dénoncer si jamais ils étaient au courant de quoi que ce soit de nouveau concernant cette histoire.
Pendant longtemps, je voyais dans les recherches Google, qu’on était encore à mes trousses grâce aux mots clés relatifs à mon ancien blog, tapés dans les moteurs de recherche.

     Presque 5 mois après le début de cette histoire, il faut croire que la justice française doit avoir autre chose à faire que de traiter les pauvres histoires d'une petite bloggeuse même pas influente, qui, au plus fort de la tourmente (c'est à dire les 2 dernières semaines d'existence de cet ancien blog qui n'a eu que 3 mois d'existence!) avait des pics de fréquentation de son blog atteignant (tenez vous bien) 70 VISITEURS PAR JOUR!!!!!!

Visiteurs composés uniquement de quelques personnes que je connaissais, plus de la moitié que je n'avais jamais vues et qui n'avaient aucun rapport avec mon ancien boulot, huissiers, avocats, une poignée de journalistes (dont un qui a vendu la mèche) et de mes anciennes collègues de travail.

    Au passage, bande de sombres putes, mieux vaut que je ne croise plus jamais votre chemin, vous qui étiez les premières à vous marrer comme des hyènes et à applaudir en lisant ce qui était votre misérable quotidien, et qui n'avez pas hésité une seconde à témoigner contre moi quand on vous l'a demandé.

    70 visiteurs par jour, c'est tout Paris naturellement: rendez-vous compte du préjudice moral que j'ai fait encourir à la personne qui s'est reconnue dans mes histoires (vraies). Elle a failli mettre la clé sous la porte! (elle a surtout eu de la chance que je ne balance pas l’adresse du blog à ses clients)

    Le plus drôle dans l'histoire, c'est que je n'ai pas été attaquée pour des faits que j'ai racontés (et que j'ai donc re-racontés dans le début de ce blog avec les histoires de Sally Mustang) et qui dépeignaient son caractère hystérique, obsessionnel et surtout sadique.Il a fallu qu'elle trouve une faille... et les accusations portées contre moi sont celles qui sont décrites dans la sommation interpellative.

    Voilà pourquoi, comme je l'explique dans mon post "Leçon de vocabulaire", on doit faire attention à ce qu'on dit et pouvoir toujours avancer ce que l'on écrit, sans quoi, n'importe qui peut vous accuser de diffamation si ça lui chante (et qu’il a du fric et du temps à perdre).

J'aurais pu, à l'époque où je suis partie de la société, emporter avec moi des preuves de faits dont je suis accusée, (notamment les escroqueries) mais je n'y ai pas songé bien entendu. L'idée de créer un blog est arrivée des mois après mon départ, et je ne me doutais pas bien sûr que cela irait si loin.

Est ce que je regrette de l'avoir fait? Suis je désolée des ennuis dans lesquels je me suis fourrée toute seule?
Mais surtout pas!!!!
Jamais de la vie!!!!

C’est la raison pour laquelle 10 jours après avoir fermé mon ancien blog, j'ai rouvert celui ci! Il était hors de question que je ferme ma gueule à cause d'une harpie friquée qui se prenait pour Ana Wintour!

    J'ai d'autre part fait la connaissance intéressante de cette fille, qui est toujours au service d'une connasse bien gratinée qui lui en fait bien baver la pauvre... elle aussi a dû aussi fermer son blog il y a quelques semaines à cause d'un corbeau qui l'avait dénoncée à sa patronne...
Fort heureusement, elle a pu tout contrôler juste avant qu'un drame arrive et a renommé et re-hébergé son site ailleurs.

    Au fil des semaines, Jungle-Boogie a pris des tournures bien différentes: ce qui au départ n'était qu'un mouvement de colère pour raconter de façon comique d'anciennes histoires professionnelles, a changé petit à petit, intercalant de façon plus ou moins romancée, des passages de ma vie réelle avec les épisodes "Sally Mustang" pour mon "roman"...
Au passage, ça s'appelle Jungle Boogie pour la bonne raison qu'au départ, je voulais raconter les même histoires avec en personnages principaux des animaux, façon "livre de la Jungle".
J'imaginais déjà la prochaine accusation qu'on aurait pu porter contre moi: "MAIS SI!!!! Le personnage de la Guenon, C'EST BIEN MOI JE ME RECONNAIS!!!"
Et puis finalement, j'ai changé d'avis mais j'ai gardé le nom qui sonnait bien.

    Les quelques personnes qui me suivaient déjà avant Jungle Boogie savent ce qui s’est passé.
Les autres (puisque mon lectorat est maintenant différent et un peu plus important) ne savent pas, et ont peut-être pensé que j’avais tout inventé. En même temps, c’était le but de la manœuvre au cas où j’aurais de nouveau des ennuis.
Aujourd’hui, je pense ne pas être attaquable sur ce que j’ai remis en ligne, puisque j’ai essayé de suivre scrupuleusement les conseils de mon avocat et de faire en sorte que tout paraisse absolument fictif et uniquement sorti de mon imagination.

    Je n'ai jamais su à l'avance ce que j'allais écrire, je pense toujours que le post que j'écris sera sans doute l'un des derniers parce que je manque d’inspiration.
Quand j'ai eu fini d'écrire l'histoire de "Sally Mustang", (parce que je ne pouvais pas le faire durer indéfiniment, j'aurais été lassée la première) je ne savais pas de quoi serait faite la suite.
Les parodies de blogs n'étaient pas non plus préméditées... les choses viennent comme ça, ou ne viennent pas.

    Je me demande toujours "comment font les autres ?" pour avoir des choses différentes à raconter tous les jours... je ne sais même pas si j'aurai quelque chose à dire la semaine prochaine ou dans 2 jours!

Plutôt que de mettre n'importe quoi ou écrire pour ne rien dire (ou des banalités) je préfère me taire. Alors quand j’entends qu’on me reproche:
« Mais t’as pas autre chose à faire de ta vie plutôt que d’écrire n’importe quoi sur n’importe qui ? » (rapport à mes parodies) j’ai juste envie de répondre que je dois passer certainement moins de temps que pas mal de gens sur le leur...
Par contre, il est vrai aussi que toutes les fois où j’écris, ça me prend beaucoup de temps parce que je n’ai pas envie de mettre en ligne en texte qui ne me plairait pas. Je corrige et remanie énormément, et contrairement à ce qu’on peut croire, faire un pastiche de quelque chose n’est pas si simple que ça.

    Mon blog n'est pas une vitrine de ma vie personnelle (et encore moins professionnelle comme certaines...) je n'ai pas envie de raconter de choses trop intimes, je n'ai pas envie de faire de débats, de philo de comptoir, ou de publicité. J'essaie parfois de vous narrer quelques unes de mes humeurs, des choses sans importance... de toute façon c’est dur d’être original et je ne connais que très peu de personnes qui y arrivent... celles là, je les lis avec grand plaisir.

    Alors voilà. Il y aura peut-être un post lundi prochain, ou pas, j’en sais rien ! D’ici là portez-vous bien tous, et puis encore merci d’être passé me lire...

  
 
par Spike publié dans : My real life
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Mardi 26 février 2008
undefinedPour fêter la fin de mon histoire de malade-mentale-psychopathe ascendant Ted Bundy, mon ami G., saxophoniste de talent ascendant physicien-Russel Crowe, m’a invitée à un concert de soul miousique fonk, lundi soir au  Bataclan.

    G. est un être fantastique qui sait ce qui me fait plaisir et qui plus est, a bon goût. (la preuve je suis son amie)
Oui, je ne sors qu’avec des garçons aux goût musicaux sûrs et uniquement bons musiciens.
Ceux qui font pouêt-pouêt dans une trompette en se prenant pour Miles D. ou les guitareux qui n'ont toujours pas compris que sur leur ampli, il existait un bouton "VOLUME",  me font chier.
Faut pas déconner non plus, qu’est ce que j’irais m’emmerder avec un mec qui serait fan de Saez ou de Carlos Santana et qui en plus jouerait de la musique comme un tocard? Hein?
Oui moi aussi je me le demande.
Et oui je suis une intolérante élitiste notoire en matière de musique et je vous emmerde.

Donc qui donc y’avait-il lundi soir au Bataclan ? Benabar ? Indochine ? Saez ?
Ce gros con de Benjamin Biolay ? Prince ?

PUTAIN BORDEL PRINCE MERDE !!!!!!?????!!!!!!!!!!!....

Heu... non. Pas Prince (mais j’aurais adoré)

Quant à Benabar et les autres crétins, s’ils faisaient autre chose que de la merde ça se saurait qui groove autant qu’un tas de poulets morts, j’aurais peut-être déjà acheté leur disques.

Non, lundi soir, je suis allée voir : "La Tour Du Pouvoir"

    Tower of Power quoi.

C’est clair que traduit en français, ça fait tout de suite complètement con, on est bien d’accord.

Alors Tower of Power, c’est quoi donc pour les ignorants qui ne connaissent de la soul et du funk qu’Amel Bent (huhuhuhuhu!!!!) et Sinclair (HAHAHAHAHAHAH!!!!!!)

    Tower of Power c'est un groupe de soul-funk qui existe depuis au moins 1970, et qui a une section cuivre de fous, que même Earth Wind & Fire ils en ont pas une si bien qui déchire leur slip en cuir de panthère.
Une section cuivre qui dépote autant, moi je dis : YYYYEEEAAAAHHHHH !!!!!!!

    D’ailleurs, dans la salle, je pense qu’il y avait au moins 75% de trompettistes et de saxophonistes (dont G. faisait partie d’ailleurs).

Les guitaristes, eux, ils étaient au concert d’Yves Duteil, et les bassistes à celui de Calogero. En même temps c’est con parce que le bassiste de Tower of Power, il s’appelle Rocco et il joue un tout petit peu mieux de la basse que Calogero.
Et un homme qui s’appelle Rocco, ne peut être foncièrement mauvais à la basse... heu : à la base pardon.

Il y avait aussi quelques nanas tout droit sortis de blogs de modasses, avec des slims, des franges, des bottes et des sacs de 32 kilos au bras.
Celles là, à mon avis, elles avaient dû soit se tromper d'endroit, soit venir pour le nouveau chanteur, Larry Braggs (« L.B. » pour les intimes) un beau black musclé à la voix qui déchirerait n’importe quelle blouse Maje ou Sandro à distance.
D'ailleurs au bout de la 3ème chanson L.B. faisait déjà un concours de chemise mouillée. (chemise rose qu’il a donc échangée pour une blanche à la 5ème chanson)
A la fin du concert, il a signé des autographes sur les soutifs de ses fans.
C’est beau la groupiattitude.
Et sinon, le trompettiste-trombonniste ressemblait à un des mecs de Pimp My Ride, et le baryton avait la même tronche que le sax du Muppet Show.
A mourir de rire.

N’empêche que ça tournait grave la vache!

    Une bonne ambiance ce concert, qui m’a rappelée toute ma jeunesse (car non, je n’ai pas 24 ans contrairement à ce qu’on pourrait croire...) d’un seul coup, j’écoutais en live toutes les chansons de mes 19 ans et demi.

Et puis lundi, c’était pas ambiance Tokyo Hotel, ouskeu les filles elles hurlent tellement fort qu’elles ressortent du concert avec des points d'audition en moins, mais c'est pas parce que la sono était trop forte, c'est à cause de leurs propres cris.
C’était pas ambiance comme à Johnny : avec des beaufs partout qui claquent des mains n’importe comment en bougeant la tête sur le 1 et le 3.
C’était pas ambiance comme à Vincent Delerm non plus, où t’as toute la salle qui baille et/ou qui ronfle au bout de 4 chansons et demi parce qu’on se fait chier la mort.
Enfin, c’était pas non plus ambiance Léo Ferré, où t’as juste envie de te suicider en t’ouvrant les veines très lentement pour avoir encore plus mal, dès la première moitié de la première chanson.

    Non, Tower of Power, c’était plutôt ambiance qui te donne envie de shaker ton booty comme dirait elle, et tes jambes aussi (parce que t’es pas non plus à Frankie Vincent, tu fais pas QUE remuer ton cul dans l’espoir de te faire pécho hein) et puis tes bras et tes mains, et de chanter « SOUL POWAAA ! » en cœur avec le (beau) chanteur.

    Mon prochain concert, ce sera Cecila Bartoli à la salle Playel.
J'espère qu'il y aura aussi un bon pupitre de cuivres.
   
    Comment ça Mozart ça groove pas?

par Spike publié dans :