Sally Mustang fait sa Santa Klaus

Publié le par Spike

Barbie-Noel-copie-1.jpg(et le premier qui me dit qu’il a pensé à mettre un nom de poupée derrière le dernier mot de mon titre doit s’attendre à ce qu’on lui colle un procès pour diffamation. Il est prévenu.)
  
    Noël approchait à grands pas, avec son lot de cadeaux pour les plus sages d’entre nous, son sapin qui fout des aiguilles plein la moquette, et le fameux « chantage de fin d’année » qui a débuté début novembre.

Le chantage de fin d’année chez SM Communikation : what the fuck is it ?

    Et bien ça consiste, pour Sally, à dire à tous ses employés (sauf les stagiaires, on sait bien qu’une stagiaire ne compte pas enfin) dès qu’ils font quelque chose qui ne lui plait pas :

    « Si tu continues comme ça, tu n’auras pas ta prime de Noël ! »

Tout pareil que quand on parle à un enfant de 5 ans, encore que personnellement, je trouve ça super sadique de jouer de la sorte avec les nerfs d’un gamin.

Du coup, ça donnait :

    « T’as mangé du poulet au curry qui pue au bureau? T’auras pas ta prime de Noël ! »
« Tu m’as ramené un sandwich dégueulasse? Pas de prime à Noël ! »
« Aujourd’hui je suis de mauvaise humeur, donc PERSONNE n’aura de fucking  prime de Noël. »

Très vite bien sûr, les filles se sont lassées et ce genre de remarques et ça leur passait au-dessus de la tête parce qu’elles n’ont plus 3 ans non plus et que ça va bien 5 minutes de marcher au chantage.

    La question que je me suis posée fut la suivante : est-ce qu’en tant qu’esclave assistante personnelle du Monstre, j’aurai droit à une « prime de Noël « ? Ho bien sûr, je ne m’attendais pas à grand chose, mais juste quelque chose de très symbolique en fait, qui aurait pu me faire dire que finalement, je n’étais qu’une sale L.D.P (Langue De Pute) et que Sally Mustang n’était, au fond, pas si méchante que ça, la preuve, elle savait se montrer un tant soit peu reconnaissante.
Mais depuis quelques temps, je crois que j’avais dû oublier tellement de virgules aux courriers que je faisais, qu’elle m’avait déjà avertie que ma prime de Noël sauterait.

    Quel dommage… je m’imaginais déjà, en train d’ouvrir ma petite enveloppe d’étrennes, les yeux humides et les mains tremblantes de joie en découvrant un billet de 20€ glissé dans une carte de vœux achetée à l’Association des Paralysés de France, qui dirait :

    « A mon esclave assistante chérie : merci de tout cœur même si parfois la tasse que tu m’apportes avec mon eau chaude n’est pas bien au milieu de ma soucoupe. Tu me rends quand même de menus services qui me facilitent un peu la vie. Your Dearest Sally»

……

    « EAU CHAAAAAUUUUUUUDE !!!!!!!! »

Ha oui : retour à la réalité. Je sors de ma rêverie, bling bling bling, c’est l’heure de l’eau chaude.

    Parce que la réalité fut tout autre bien entendu. Non mais sincèrement : vous avez VRAIMENT cru que Sally se montrerait un temps soit peu … humaine ?

    Le jour de Noël, avant de partir du bureau, chacun et chacune est montée voir Sally pour lui souhaiter un fucking Merry Christmas et là, elle a remis à tous une enveloppe qui contenait un cadeau. (sauf une autre assistante fut punie de cadeau ce jour là, parce qu’elle était partie plus tôt sans monter lui souhaiter de bonnes fêtes, du coup, Sally a très très mal pris cette marque d’impolitesse et d’insolence extrême).

    Dans les enveloppes, il y avait :
Pour les consultantes, un super soin du visage dans un institut de beauté ainsi qu’un chèque à 4 chiffres et un gentil mot de remerciement pour tout le travail merveilleux qu’elles faisaient parce que "Je sais que parfois, c'est pas facile de me supporter mais vous êtes wonderful, que ferais-je sans vous, thanks a lot."

Pour les assistantes des consultantes et pour moi : un soin du visage normal dans ce même institut et rien d’autre, même pas un petit mot.

Pour les stagiaires : rien du tout, faut pas déconner non plus, encore une fois c’est que des stagiaires on vous l’a déjà dit et répété.

    Bien sûr, je m’y attendais : je n’avais pas été sage cette année, j'avais collé trop de timbres de travers et acheté du PQ rose au lieu du blanc, donc je ne méritais pas de prime de Noël. De plus, j’oubliais que finalement… je ne représentais rien.
Cependant, j’ai cherché dans l’enveloppe pour vérifier qu’il n’y avait pas un billet de 10€ collé au fond - ou même un de 5 d’ailleurs - mais non, rien du tout.

    Merci du fond du slip Sally

    Encore plus humiliée que lorsqu’elle m’avait traitée d’incapable devant un client un jour où j’avais dû oublier d’apporter le sucre avec le café, je me suis demandée :
« Mais qu’est ce que tu fous encore dans cet endroit à faire l’esclave ? »
Il manquait plus que je fasse le ménage et la vaisselle, et là, je pense que j’aurais vraiment atteint le fond.

    Sur le coup, je n'ai rien dit, mais j’avoue que cet épisode m’est vraiment resté en travers de la gorge, et à partir de ce jour, je me suis dis que ça ne servait à rien de se plier en 4 pour Sally au vue de la manière dont elle me traitait.

    Plus tard, n’y tenant plus, j’ai quand même demandé une petite explication pour savoir pourquoi je n'avais ni augmentation ni prime de fin d'année, contrairement aux autres, et voici quelle a été sa réponse : (attention, accrochez-vous, parce que ça tient la route une réponse pareille)

    « Mais Darling, tu comprends... je ne vois pas pourquoi je t’aurais donné une « prime de Noël » ou un quelconque euro de plus, puisque tu n’es rien ici! Ce qui signifie en d’autres termes que comme tu ne génères AUCUN bénéfice pour la société, je ne pouvais donc pas te donner quelque chose en plus de ton salaire mensuel, ça me paraît logique non ???... »

    Bien sûr Sally, je comprends Sally, complètement d’accord avec toi Sally… parce qu’après tout…

    Je suis juste la connasse à qui tu peux tout demander et qui t’apporte tout ce que tu veux dans la minute et qui arrive même maintenant à anticiper tes moindres désirs et besoins pour essayer de te rendre la vie plus facile, mais à qui tu dis jamais s’il te plait ou merci parce que je pense que ça t’arracherait la tronche d’être aimable avec une sous-fifre de mon espèce.

    Je suis juste celle qui régulièrement organise tes vacances personnelles à toi et ta connasse de gonzesse et qui se fait engueuler même quand t’es à l’autre bout du monde parce que tu trouves pas d’hôtel ou parce que le champagne vous est servi tiède dans votre suite 4 étoiles.

    Je suis aussi celle qui se tape tes fringues crades à apporter au pressing deux fois par semaine, et tes chaussures à emmener chez le cordonnier.

    Je suis que celle qui va te chercher ta bouffe, tes médocs, tes tampax ultra absorbant, tes M&M’s jaunes, n’importe quoi et tout ce que tu demandes, qui se tape les packs d’eau et les courses à ramener au bureau parce que se faire livrer "c'est fucking trop cher".

    Je suis celle qui te trouve comme par magie dans les 10 minutes le seul couturier, médecin, électricien ou peintre qui sera ok pour rappliquer dans l’heure parce que tu l’as exigé expressément sinon tu me hurles que je suis rien qu’une incapable.

    Je suis aussi la pauvre fille qui doit s’ excuser auprès des gens qui passent parfois le pas de la porte, spécialement quand tu considères qu’ils occupent un niveau social plus bas que le tien et que tu traites comme de la merde parce que ce jour là t’es mal lunée, t’as tes règles, t’es mal baisée ou les 3 à la fois. Et j’ai vraiment trop honte pour toi dans ces moments là.

     Bref, alors tu vas me dire que tout ça fait partie de mon travail et que ça ne mérite pas d’être payée plus de 1150€ net par mois - parce que sans blague ça t’aurais fait mal au cul de me donner une prime ne serait ce que de 20€, je suis vraiment trop rien pour mériter ça - mais malgré tout ça, j’ai quand même envie de te dire :

T’ES VRAIMENT QU’UNE GROSSE SALOPE ÉGOÏSTE QUI N’A AUCUNE CONSIDÉRATION POUR PERSONNE ET TU NE MÉRITES AUCUN RESPECT!

    Ce jour là, Bleno était déjà mort, mais je crois que s’il avait été encore de ce monde, j’aurais été capable de l’étrangler sous les yeux de Sally avec son collier Cartier pour qu'elle s'étouffe avec son sandwich au poulet dans lequel j'aurais préalablement craché.

    Et je suis sadique si je veux.
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    Je n'ai bien entendu jamais utilisé le "super cadeau", question de principe pour moi.
D'ailleurs, j'ai remis la main récemment sur ce carton d'invitation... j'en fais quoi?

Publié dans Sally Mustang & Co

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mini camera 03/08/2009 12:53

ça fait réagir!

Nat 10/01/2008 12:19

Moi aussi je retiens le "Merci du fond du slip". Quant à la prime, je vois que tout le monde n'a pas eu la chance d'avoir un iPod ! haha ! ;) en tout cas, bien dit pour SM, son soin du visage elle a qu'à se le garder, ça la rendrait ptêt aimable... (mais non, il n'y a pas d'espoir avec Sally Mustang, tu nous l'as bien montré...)

TheCélinette 30/12/2007 10:28

Bon plusieurs remarques :
Ton soin du visage, je te conseille de l'offrir à quelqu'un à qui ça fera super plaisir. J'essaye toujours de recycler un cadeau qui me fait mal en un cadeau qui me fait du bien ...

J'aimerai bien en te lisant me dire que ce genre de personnage n'existe pas... Mais j'en ai déjà rencontré. Et le jour où je les ai planté avec classe.... J'ai joui ;)

Sinon, le métier d'assistante m'a toujours étonnée. J'ai toujours trouvé que c'était le point névralgique d'un service ou d'une société ... Et que c'était un poste pas du tout reconnu. J'ai jamais bien compris pour quoi.
En tous les cas, moi j'ai toujours été gentille avec les assistantes. La dernière que j'ai eu dans mon service je lui sais "Dis-moi depuis quand n'as-tu pas demandé d'augmentation ?" "Euhhh 14 ans" "Tu es là depuis quand ?" " Depuis 14 ans " "Et bien cette année ça va changer !!!!!!" ;)

Tiens j'ai lu ce fait divers qui m'a fait pensé à ton histoire ...

AP - Samedi 29 décembre, 11h40

BROWNSVILLE, Texas - Pendant près de sept ans, Melina Salazar a fait de son mieux pour répondre avec le sourire à toutes les demandes de son client le plus acariâtre mais aussi le plus fidèle.
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Elle s'est assurée que la nourriture qu'elle lui servait était aussi chaude qu'il le voulait, même s'il devait ensuite se brûler la bouche. Elle ne s'est jamais départie de son sourire. Et Walter "Buck" Swords, 89 ans, a visiblement apprécié. A sa mort, il a légué à sa serveuse 50.000 dollars (plus de 34.000 euros) et une Buick de 2000.

finipe 24/12/2007 14:05

Eh oui ! Comme disait le grrrand Wilson dans sa chanson : I guess you got to put your flat feet on the ground. Fallait pas rêver non plus, salope elle est, salope elle restera.

JohnLRod 21/12/2007 15:21

Ben c'est malin, ça m'a mis le bourdon tout ça..
En tout cas beau post "best-of de Noel".

Sans vouloir faire le jeu de mot de la mort, j'la verrais bien devant un peloton d'exécution la Sally. Et je me ferais un plaisir d'appuyer moi-même sur la détente.
C'est pour le bien de l'humanité des assistantes !!